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Test Pragmata : le coup de génie inattendu de Capcom

Rédigé le 26 Avril 2026
Cassandra MOUCHET

Test réalisé à l'aide d'une clé offerte par l'éditeur

Attendu depuis des années, souvent repoussé mais jamais oublié, Pragmata intrigue autant qu’il fascine. Ce nouveau projet signé Capcom propose une aventure sci-fi mêlant action, réflexion et émotion. Entre son duo inattendu, son gameplay hybride et son ambiance lunaire marquante, le jeu réussit-il à tenir ses promesses ?

 

Un duo touchant au cœur de Pragmata : Hugh et Diana portent l’aventure

Dès les premières minutes, Pragmata pose son identité : une aventure narrative centrée sur la relation entre Hugh Williams et Diana. Lui est un astronaute perdu dans un environnement hostile. Elle, une androïde à l’apparence d’enfant, capable de manipuler des systèmes complexes en quelques secondes… pendant que nous, joueur, essayons encore de comprendre où est le bouton pour courir.

Ce qui frappe, c’est l’évolution progressive de leur lien. Hugh, d’abord méfiant, finit par dépendre totalement de Diana, autant physiquement qu’émotionnellement. De son côté, Diana développe une forme de conscience troublante. Elle pose des questions simples, presque naïves, qui prennent rapidement une dimension existentielle… et nous font parfois réfléchir plus que prévu pour un jeu où nous étions venu tirer sur des robots.

Certaines séquences, silencieuses mais puissantes, marquent durablement. Le jeu évite les excès dramatiques et préfère des moments plus subtils, presque intimistes. Le résultat, une relation crédible, touchante, qui donne du poids à chaque action du joueur. Sans ce duo, Pragmata serait un bon jeu. Avec eux, il devient une aventure qu’on n’oublie pas facilement.

 

Image de Pragmata
Image de Pragmata

 

Gameplay Pragmata : un système hybride bien pensé mais... 

Le gameplay de Pragmata est sans doute sa plus grande réussite. Capcom propose une mécanique double : vous contrôlez Hugh pour les déplacements et le tir, tandis que Diana intervient pour hacker les ennemis en temps réel.

Chaque affrontement devient un mélange d’action et de réflexion. Impossible de foncer sans réfléchir (enfin si, mais vous allez vite le regretter). Il faut analyser les points faibles, pirater efficacement, puis agir rapidement. Cette mécanique casse les habitudes, mais cela devient un peu monotone à la longue, car on prend rapiement le coup de main.

Le jeu va encore plus loin grâce à un système d’amélioration bien pensé. Au fil de l’aventure, vous récupérez des ressources pour améliorer votre équipement : armes plus puissantes, hacking plus rapide, meilleure résistance… bref, tout ce qu’il faut pour survivre un peu plus longtemps que prévu. Cette progression donne un vrai sentiment d’évolution, et surtout, elle donne envie d’expérimenter et de débloquer de nouvelles compétences. 

Autre bonne idée, la présence d’une simulation virtuelle accessible à certains moments du jeu. Ce mode permet de relever des défis spécifiques pour gagner des points et débloquer des améliorations supplémentaires. Une sorte de terrain d’entraînement intelligent qui sert autant à progresser qu’à expérimenter de nouvelles stratégies. Et, soyons honnêtes, c’est aussi un excellent moyen de grinder sans que cela devienne ennuyeux.

Cela dit, tout n’est pas parfait. Sur la durée, on remarque un manque relatif de variété dans les types d’ennemis. Les comportements restent intéressants grâce au système de hacking, mais visuellement et mécaniquement, certaines rencontres peuvent donner une impression de déjà-vu après plusieurs heures.

Avec une durée de vie de 10 à 15 heures, le jeu reste dense sans s’étirer inutilement. Et pour les joueurs les plus motivés, le mode "Lunitaque", débloqué après la première partie, vient sérieusement corser les choses. Ici, le jeu ne vous tient plus la main… il vous regarde tomber et apprendre.

 

Image de Pragmata
Image de Pragmata

 

Une ambiance lunaire immersive et une direction artistique maîtrisée

Sur le plan artistique, Pragmata impose une vraie identité. La base lunaire abandonnée offre des décors à la fois magnifiques et oppressants. Entre technologie futuriste et silence pesant, l’ambiance fonctionne immédiatement.

La direction artistique joue sur les contrastes : lumière froide, espaces vides, structures imposantes. On ressent constamment l’isolement, presque physiquement. Par moments, on se surprend à ralentir juste pour observer… ou vérifier qu’aucun robot n’est en train de nous regarder dans le dos.

La bande-son, discrète mais efficace, renforce cette sensation. Elle sait se faire oublier quand il le faut, puis revenir subtilement pour appuyer les moments clés.

Techniquement, le jeu est solide. Les animations sont fluides, les effets visuels réussis, et l’ensemble repose sur le RE Engine, le moteur graphique maison de Capcom, déjà éprouvé sur des titres comme Resident Evil. Un choix logique qui permet à Pragmata d’afficher une belle maîtrise visuelle, notamment dans la gestion des lumières et des environnements fermés.

 

Image de Pragmata
Image de Pragmata
Image de Pragmata
Image de Pragmata

 

Narration et rythme : un équilibre presque sans fautes

Le scénario aborde des thèmes classiques de la science-fiction : intelligence artificielle, humanité, survie. Sans révolutionner le genre, il reste suffisamment engageant grâce à son traitement et à ses personnages.

Le rythme est bien équilibré. Les phases d’exploration, de combat et de narration s’enchaînent naturellement. Le jeu prend le temps de respirer quand il le faut, sans casser l’immersion.

On pourra anticiper certains rebondissements, surtout si vous êtes habitué au genre. Mais l’essentiel est ailleurs : dans la manière dont l’histoire est racontée, et surtout dans la relation entre Hugh et Diana. C’est elle qui donne envie d’aller jusqu’au bout, même quand tout semble perdu… ou quand vous avez raté un hack pour la troisième fois d’affilée.

Verdict final

Pragmata réussit là où beaucoup échouent, proposer une expérience à la fois accessible, intelligente et émotionnelle. Son gameplay hybride tient sur la durée, son système de progression motive à s’améliorer, et surtout, son duo central reste en tête bien après le générique. Ce n’est pas le jeu le plus spectaculaire de ces dernières années, mais c’est clairement l’un des plus sincères. Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut.
Test réalisé depuis une version Steam PC avec 15h+ de temps de jeu.

Les points clés

  • Relation entre Diana et Hugh touchante
  • Système d'amélioration poussé
  • Une durée de vie maîtrisée (10 à 15 heures)
  • Un gameplay hybride qui renouvelle les sensations
  • Scénario sans grande suprise
  • Un manque relatif de variété dans certains types d’ennemis sur la durée
  • Des phases de hacking légèrement répétitives