TEST : Assassin’s Creed Mirage – Un retour aux sources mitigé

TEST : Assassin’s Creed Mirage – Un retour aux sources mitigé
8 / 10

C’était l’un des jeux les plus attendus de cette année 2023 et il n’a pas tardé à faire de nombreux heureux. Deuxième meilleure vente du mois d’octobre derrière EA Sports FC 24, Assassin’s Creed Mirage a-t-il tenu ses promesses de retour aux sources ?

Avant d’aller plus loin, je tiens à remercier Ubisoft de m’avoir permis de remonter dans le temps pour découvrir Bagdad au IXe siècle. Ce test de jeu a été effectué sur PC avec une manette Xbox One.

Bagdad pour un retour aux sources


Longtemps critiqué par ses fans pour s’être progressivement éloigné de son gameplay orienté vers la furtivité qui est l’essence même de la franchise Assassin’s Creed, Ubisoft a pris la décision d’écouter sa communauté en cassant les codes établis lors des 3 derniers opus pour revenir à la source de leur succès.

Pour donner vie à leur ambition, les développeurs français ont choisi la fameuse ville de Bagdad au 9e siècle, quelques années avant les évènements d’Assassin’s Creed Valhalla. On y retrouve Basim Ibn Ishaq, un pickpocket en pleine reconversion professionnelle en apprenti tueur à gages. Ce même Basim est présent dans Valhalla comme membre de la guilde de ceux que l’on ne voit pas.

Jouabilité


Un tutoriel déguisé en prologue

Le jeu commence dans la ville d’Anbar où, après un réveil difficile, notre protagoniste part voler des bourses, un registre puis finalement le contenu d’un coffre dans le palais de la ville. L’occasion rêvée pour les joueurs d’apprendre certaines mécaniques du jeu comme se déplacer furtivement, le parkour et le vol entre autres.

J’ai beaucoup aimé cette partie du jeu, car elle fait office de tutoriel pour les nouveaux joueurs tout en servant de prologue à l’histoire principale. Ce qui veut dire que les assassins aguerris ne s’ennuient pas à passer par cette étape obligatoire.

Suite à l’assassinat du calife Al-Mutawakkil dans le palais d’Anbar, Basim prend un congé sabbatique à Alamut, le Club Med de la guilde de ceux que l’on ne voit pas, laissant Nehal derrière lui. Notre assassin y passe un plus de deux mois à apprendre à sauter depuis des falaises sans se faire mal, à se battre contre son maître et à tuer comme on change d’habits. Un tutoriel simple et efficace qui nous prépare bien à la suite du jeu.

Gameplay


Fidèle à ses prédécesseurs

Graphiquement, Mirage nous éblouit dès les premiers instants avec une reproduction très réussie de la ville de Bagdad. Le travail sur la densité des points d’intérêts et surtout sur la verticalité de la carte est tout bonnement phénoménal. Et c’est ça la marque de fabrique Assassin’s Creed : des paysages magnifiques, un peu d’histoire et une campagne alléchante. En dehors de la ville par contre, c’est plus compliqué avec une optimisation qui laisse quelque peu à désirer.

Le défi était pourtant grand. Revenir sur des bases saines de furtivité et d’espionnage tout en gardant les avancées mécaniques de ces dernières années, développées spécialement pour l’open-world. Ce titre n’est cependant pas un retour en arrière puisque la grande majorité des mécaniques présentes dans les quatre derniers jeux sont bien là. Les touches sont sensiblement les même ce qui facilite la prise en main pour les habitués de la franchise.

Furtivité et parkour

Il faut dire que Valhalla nous avait habitués à foncer dans le tas sans réfléchir. Ce qui n’est pas un mal en soi, mais juste un peu éloigné de l’esprit de la franchise d’Assassins tapis dans la pénombre.

Assassin’s Creed Mirage parie sur la furtivité et le parkour avec une carte beaucoup plus verticale que les opus précédents. J’irais même jusqu’à dire que l’on passe plus de temps sur une corniche, sur un toit ou dans un buisson qu’à courir dans la ville.

Pour forcer le joueur à utiliser la verticalité, Mirage offre plusieurs missions de filature, d’écoute ou d’observation. Au point, peut-être, d’en faire trop ? Il faut dire que sur les 15 heures de campagne, on passe bien 4 à 5 heures caché, souvent à attendre.  

Les mécaniques de parkour sont moins poussées que sur Valhalla avec un parkour plus restrictif. Cela ajoute un peu plus de réalisme, car sur les opus précédent, on pouvait vraiment grimper sur tout et n’importe quoi sans effort. Cependant, galérer à grimper une tour pour activer un point de reconnaissance peu vite devenir frustrant.

Les étendues sauvages laissées au dépourvu

L’un de mes plus grands regrets sur Assassin’s Creed Mirage fut de voir ses étendues sauvages trop peu utilisées. En effet, alors que Bagdad nous émerveille par sa densité et ses décors somptueux, les étendues sauvages sont vides de détails, de points d’intérêt, de missions et parfois même de coding.

Les quelques villes se retrouvent poussées aux extrémités de la carte et le centre n’est qu’un désert aride nous rappelant Assassin’s Creed Origins. Sauf que là, les étendues sauvages représentent bien 70 % de la superficie totale. On regrette qu’il n’y ait pas de pêche malgré les cours d’eau, ni de chasse. D’ailleurs la faune est complètement immobile, comme figée sur place, une fois à dos de cheval. Tuer de lapins à coup de lancé de dague n’apporte rien non plus, à part une mauvaise conscience et la foudre des défenseurs des animaux.

Alors que Mirage a désespérément besoin de gonfler son temps de jeu, des quêtes secondaires de chasse ou de pêche auraient pu aider la cause. Ajoutez à cela le manque d’exploration sous-marine, et ce, alors que les mécaniques de plongée des jeux précédents avaient été reconduites ; ajoutez encore le manque de complexité pour accéder aux coffres et vous aurez là un jeu qui se veut exclusivement centré sur les enquêtes principales au cœur de la ville.

Des menus moins compliqués et plus interactifs


Enquêtes

Oubliez les missions principales ou les quêtes et faites place aux enquêtes. Qui dit espionnage dit un tableau de suspects pour établir le lien entre plusieurs preuves. Pour faire cela, les développeurs ont créé un menu simple et épuré, facilement navigable et nettement plus visible que celui des opus précédents.

Dans Assassin’s Creed Mirage, l’ordre est bien plus petit que sur Odyssey (par exemple) mais toutes les enquêtes ont un lien direct. De plus, le choix de tout réunir dans une même page permet de recentrer les débats pour avoir une idée claire des cibles à traquer et exécuter.

Arbre de compétences

Un vrai délice pour les yeux. L’opus précédent nous avait rendu fous avec ses centaines de points de compétences, chacun plus inutile que les autres. Mirage revient sur des bases saines avec 23 compétences divisées en 3 sections (fantôme, ingénieux, et prédateur).

Les outils quant à eux disposent de leurs propres améliorations auprès de l’ingénieur Ahmad Ibn Musa. Les améliorations proposées laissent d’ailleurs le choix au joueur pour les adapter à son style de jeu. Cependant, il est aussi possible de n’utiliser que les couteaux de lancer et l’assassinat par téléportation. Ce dernier s’avère très utile dans des situations périlleuses, mais manque de sens et de continuité avec le reste du gameplay.

Les points qui fâchent


Assassin’s Creed Mirage rend une copie sobre sur le plan du gameplay sans innover pour autant. Avec les mécaniques développées dans les opus précédents, il est quand même inquiétant de ne devoir se contenter que d’un combat de boss à la toute fin du jeu. Et le tout pour que ce soit plié en moins de deux minutes. En effet, Origins, Odyssey et Valhalla nous avait tous habitués à des combats de boss effrénés qui, selon la difficulté sélectionnée, pouvaient s’avérer compliqués. Mirage fait l’impasse sur les boss sans pour autant les remplacer par autre chose.

La reconnaissance d’aigle n’est pas terrible du tout, à croire que le jeu a régressé sur ce point et les animations d’assassinat sont bien moins variées que sur les opus précédents, enlevant ce côté jouissif de coup fatal. De plus, les combats de champ de bataille d’AC Odyssey auraient aussi pu faire leur retour sur Assassin’s Creed Mirage, mais à la place, on se contentera de payer les deux-trois mercenaires traînards pour se battre à nos côtés en échange d’un jeton.

Pour finir, le point le plus fâcheux est celui de la durée de vie. Une histoire pliée en 15 heures (20 heures pour le 100 %) et aucun plan de contenu additionnel dans un futur proche. Pour moi qui ai passé plus de 100 heures sur Origins, Odyssey ou encore Valhalla, Assassin’s Creed Mirage ressemble plus à une démo qu’à un jeu fini. J’espère sincèrement plus de contenu pour ce jeu, car les bases sont saines et il y a matière à broder autour de l’histoire principale.

Conclusion

Ubisoft réussit partiellement son retour aux sources avec un Assassin’s Creed Mirage qui renoue avec l’ADN de l’assassinat et de l’espionnage. Graphiquement époustouflante, la ville de Bagdad regorge de vie et de possibilités de parkour. Les menus et les compétences ont été simplifiés ce qui est une bonne chose. Le jeu laisse cependant un sentiment d’inachevé de par sa durée de vie très limitée et ses mécaniques laissées de côté comme les combats de boss. Le manque flagrant de difficulté lui permet de s’ouvrir à de nouveaux joueurs, mais donne une impression de démo aux fans inconditionnels de la franchise. Nul doute que Mirage est un grand pas dans la bonne direction. Reste à savoir si cela ne sera pas en vain.
Test réalisé depuis une version PC avec une manette Xbox One avec 10h+ de temps de jeu.

Les points clés

  • Retour aux sources
  • Paysages magnifiques
  • Mécaniques permissives
  • Un Bagdad dense et riche en détails
  • Arbre de compétences simplifié
  • Beaucoup, beaucoup trop court
  • Manque de difficulté
  • Très strict sur l’escalade
  • Une seule bataille de boss
  • Quêtes secondaires un peu légères
  • Pas de contenu post-launch prévu
8 / 10
Rédacteur StipMister
Rédigé par StipMister