Une brèche de sécurité majeure vient de frapper la branche française du Lions Club, exposant les données personnelles sensibles de plus de 133 000 membres. Survenue le 4 janvier 2026, cette fuite massive concerne des profils à haute valeur ajoutée, incluant des personnalités politiques de premier plan, des militaires et des chefs d'entreprise, dont les informations privées sont désormais accessibles en ligne gratuitement.
Une mine d'or pour le phishing ciblé
Ce qui inquiète particulièrement les experts en cybersécurité comme Cristophe Boutry dans cette affaire, ce n'est pas seulement le volume des données, mais leur granularité. Contrairement à des leaks classiques qui se limitent souvent à des adresses mail et des mots de passe hachés, la base de données publiée offre une vue complète sur la vie privée des victimes. Après dédoublonnage, ce sont exactement 133 297 personnes uniques qui sont concernées.
Les fichiers analysés révèlent une précision effrayante : état civil complet, situation familiale incluant le nom du conjoint, adresses postales privées, numéros de téléphone (fixes, mobiles et lignes directes) ainsi que la profession exacte. Plus grave encore, la fuite contient l'historique associatif et des photos de profil.
Pour les cybercriminels, c'est le kit parfait pour mener des campagnes de spear phishing ou d'ingénierie sociale dévastatrices. Les victimes étant souvent des profils CSP+ ou des notables locaux, le potentiel de nuisance financière et d'usurpation d'identité est critique.
Mon analyse
J’ai également analysé le fichier et j’ai pu y trouver 76 personnes de ma ville, dont plusieurs directeurs de sociétés, y compris de grands groupes comme Renault. La vérification est donc avérée.

Des membres du gouvernement et des hauts fonctionnaires affichés
La gravité de l'incident prend une tournure politique et nationale lorsque l'on s'attarde sur l'identité des victimes. Le Lions Club étant un réseau philanthropique très prisé des décideurs, la base de données contient les fiches de nombreux maires, magistrats, préfets et hauts gradés de l'armée. L'auteur du piratage n'a d'ailleurs pas hésité à mettre en avant certaines têtes d'affiche pour prouver la valeur de son butin.
Selon les informations extraites de la base, des personnalités comme Rachida Dati, Sébastien Lecornu ou encore François Bayrou figurent parmi les membres exposés. La divulgation de leurs coordonnées personnelles et de leurs habitudes associatives pose un risque concret pour leur sécurité physique et numérique. Au-delà de l'atteinte à la vie privée, c'est la confidentialité de certains échanges et la sécurité de personnalités publiques qui se retrouvent compromises par cette diffusion sauvage.
Mon analyse
Ce qui est étrange, c’est que les coordonnées sensibles des ministres, comme le téléphone ou l’email, ne sont pas affichées.
MyAssoc au cœur de la faille de sécurité
L'analyse technique des fichiers permet de remonter la piste de cette compromission. Les indices pointent vers une faille au sein de la solution logicielle MyAssoc, utilisée pour la gestion des membres de clubs-service.
Le caractère récent des données est un autre facteur aggravant. Les logs indiquent que des mises à jour ont été effectuées jusqu'au 2 janvier 2026, soit à peine 48 heures avant la mise en ligne des fichiers. Cela signifie que les informations (adresses, téléphones, postes occupés) sont parfaitement à jour et immédiatement exploitables par des acteurs malveillants. Il est impératif pour les membres concernés de redoubler de vigilance face à toute sollicitation suspecte dans les semaines à venir.
La CNIL et les autorités compétentes devraient logiquement se saisir du dossier rapidement compte tenu de l'ampleur et de la sensibilité des données dérobées.
Sources : Enquête interne + Image et alerte Ced_Haurus
Crédit Image : Polina Kuzovkova via Unsplash+

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