Le conflit entre Nintendo, The Pokémon Company et le studio Pocketpair prend un nouveau tournant. L'Office japonais des brevets (JPO) a confirmé le rejet d'une demande de brevet liée à un système de capture de créatures, un brevet directement associé au dossier judiciaire visant Palworld. Plus étonnant encore, la réponse de l'examinateur adopte un ton particulièrement inhabituel, rejetant point par point les arguments avancés par Nintendo.

Le Japon rejette un brevet lié au procès contre Palworld

L'Office japonais des brevets a publié la confirmation du rejet de la demande de brevet divisionnaire n° 2026-019762, qui décrit un système de capture de monstres dans un jeu vidéo. Cette demande appartient à la même famille de brevets que ceux utilisés par Nintendo et The Pokémon Company dans leur procédure judiciaire contre Pocketpair, le développeur de Palworld.

Le rejet ne remet toutefois pas en cause le brevet déjà enregistré sur lequel s'appuie actuellement Nintendo devant le tribunal de Tokyo. Il concerne uniquement cette demande supplémentaire, que le JPO refuse de valider. Nintendo conserve désormais un délai de trois mois pour déposer un recours contre cette décision.

Une vidéo de Pokémon Generations au cœur de la décision

L'un des éléments les plus surprenants du dossier est la preuve utilisée par le JPO. L'administration s'appuie notamment sur une vidéo YouTube datant de 2013 montrant le fangame indépendant Pokémon Generations.

Selon l'examinateur, cette démonstration présente déjà des mécaniques proches de celles revendiquées dans le brevet, notamment la sélection d'une Poké Ball puis son lancer afin de capturer un Pokémon. Le JPO estime donc que ces éléments étaient déjà connus, ce qui prive la demande de son caractère inventif.

Nintendo a contesté cette analyse en rappelant que ce fangame enfreignait ses droits d'auteur et qu'il était inapproprié de le présenter comme une œuvre officielle.

Palworld

Le JPO répond sèchement aux arguments de Nintendo

C'est surtout le ton employé dans la réponse officielle qui fait réagir au Japon. L'examinateur rappelle que, selon le droit des brevets japonais et la jurisprudence, une éventuelle violation du droit d'auteur n'a aucune incidence sur l'évaluation du caractère inventif d'un brevet. Il rejette également l'idée selon laquelle son analyse laisserait entendre que le fangame était un produit officiel, qualifiant cette interprétation de malentendu totalement déraisonnable.

Autre échange remarqué, Nintendo souhaitait que les personnages soient désignés comme des éléments « portant atteinte » aux personnages originaux plutôt que par leurs noms.

L'examinateur répond avec une pointe d'ironie qu'il faudrait alors utiliser des formulations interminables comme « un objet ayant la forme d'un petit animal jaune » à la place de Pikachu ou « un objet sphérique avec une moitié supérieure rouge et une moitié inférieure blanche » à la place d'une Poké Ball, tout en précisant que cela ne changerait absolument rien au raisonnement juridique.

Nintendo contestait également la valeur d'une simple vidéo

Nintendo estimait aussi qu'une vidéo YouTube ne permettait pas d'identifier les caractéristiques techniques d'un programme informatique.

L'examinateur indique avoir envisagé deux interprétations possibles de cet argument. Soit Nintendo reconnaît qu'il s'agit bien d'une séquence de gameplay mais considère qu'une vidéo ne suffit pas à révéler les aspects techniques du jeu, soit l'entreprise laisse entendre qu'il pourrait simplement s'agir d'une animation truquée.

Le JPO écarte les deux hypothèses et va jusqu'à qualifier la seconde d'extrêmement improbable, estimant qu'un tel comportement de la part de l'auteur de la vidéo serait tout simplement absurde.

Ce revers ne met pas fin au procès Palworld

Même si cette décision attire beaucoup d'attention, elle ne modifie pas directement la procédure judiciaire en cours contre Pocketpair. Le brevet actuellement invoqué devant la justice reste valide et continue d'être utilisé dans le procès.

En revanche, ce rejet constitue un revers pour Nintendo dans sa tentative d'étendre la protection de cette famille de brevets. La suite dépendra désormais d'un éventuel recours devant le commissaire de l'Office japonais des brevets, tandis que le procès Palworld poursuit son cours.

Malgré ce revers juridique pour Nintendo, Palworld continue de séduire les joueurs. Cette décision du JPO ne change rien au succès commercial du titre de Pocketpair, qui a dépassé les 921 000 joueurs connectés en simultané sur Steam au cours des dernières 24 heures.

Une preuve que, pendant que la bataille judiciaire suit son cours, l'engouement des joueurs pour Palworld reste particulièrement solide.

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