Brice N'Guessan, directeur de Jeux Vidéo Magazine, a jeté un pavé dans la mare lors d'un direct dédié à la transparence du journalisme gaming en France. S’appuyant sur des données accessibles, il met en cause les méthodes d'un l'influenceur, à qui il reproche de recourir à des campagnes publicitaires pour soutenir ses statistiques d'audience. Cette démonstration technique, basée sur des outils publics, soulève des questions éthiques majeures sur la réalité de la visibilité des créateurs de contenu français.

 

Update : X est en feu, l’influenceur se défend.

 

Des outils publics pour traquer l'achat d'audience

Pour étayer cette analyse, des experts du secteur s'appuient sur une méthodologie rigoureuse. L'examen repose notamment sur le Centre de transparence publicitaire de Google, un outil répertoriant les annonces diffusées sur le réseau. En scrutant les structures juridiques liées à certains créateurs influents, une liste de vidéos ayant bénéficié d'une mise en avant payante apparaîtrait de manière explicite.

D'après les éléments présentés, il ne s'agirait pas uniquement de contenus promotionnels pour des marques partenaires, mais de vidéos d'actualité classiques ou d'analyses de jeux.

Selon les données de plateformes spécialisées comme ViewStat, ces contenus afficheraient des courbes de progression spécifiques : des phases de stabilité suivies d'une hausse soudaine de trafic, souvent interprétées comme la conséquence directe d'une injection de budget publicitaire.

Un format court aurait ainsi atteint plusieurs millions de vues, impactant mécaniquement les statistiques globales annuelles.

 

 

Une hiérarchie du secteur remise en question

L'enjeu de cette stratégie publicitaire serait, selon JVM, de maintenir une position dominante sur le segment du gaming en France. Brice N'Guessan explique que l'écart d'audience organique entre Jeux Vidéo Magazine et l'influenceur se serait considérablement réduit naturellement ces dernières années.

En 2024, cet écart n'était plus que de 10 millions de vues annuelles, contre plus de 30 millions en 2022.

Cependant, les pics d'activité constatés en fin de mois suggéreraient une volonté de stabiliser une avance statistique au moment des bilans. Cette pratique, bien que conforme aux conditions techniques des plateformes, est perçue comme une forme de concurrence déloyale par le média.

Elle permettrait d'afficher des chiffres records auprès des annonceurs, alors qu'une partie de cette audience proviendrait de leviers sponsorisés plutôt que d'un intérêt strictement spontané de la communauté.

 

 

L'impact sur le journalisme JV

Cette sortie médiatique de Jeux Vidéo Magazine dépasse la simple querelle de chiffres ; elle révèle une crise de confiance au sein de l'information spécialisée. En France, le journalisme gaming fait face à une hybridation croissante entre information rigoureuse et marketing d'influence.

L'utilisation de budgets pour soutenir des vues éditoriales pourrait créer un biais de perception majeur.

Pour un éditeur, un créateur affichant 9 millions de vues mensuelles peut paraître plus attractif qu'un média traditionnel, même si une fraction de ce volume est issue de l'achat d'espace.

En documentant ces pratiques, le média plaide pour une transparence totale, rappelant que la crédibilité d'une source ne devrait pas dépendre de sa capacité financière à s'imposer dans les algorithmes.

 

JVM
Crédits : JVM

 

Le débat est lancé

Cette mise en lumière des méthodes de croissance assistée pourrait forcer les acteurs du secteur à clarifier la nature de leurs statistiques. La transparence devient désormais l’argument ultime pour se différencier dans un écosystème saturé par la quête de visibilité.

D'ici les prochaines heures, cette analyse partagée par nos confrères de JVM va créer un véritable effet de boule de neige sur les réseaux.

Le public, de plus en plus éduqué aux mécaniques publicitaires, pourrait demander des comptes sur la provenance réelle des audiences affichées en tête des classements.

 

Update : Le levier publicitaire : entre légalité et éthique communautaire

Il convient de préciser que le recours aux services publicitaires de Google est une pratique tout à fait légale et accessible à n'importe quel acteur du marché. Pousser un contenu pour élargir son audience est même une démarche marketing conventionnelle en soi.

Cependant, comme le démontre l'analyse de Jeux Vidéo Magazine, ce système peut créer une forme d'injustice en poussant les algorithmes à prioriser systématiquement un média disposant de moyens financiers importants au détriment d'une concurrence organique.

Si chaque créateur a le droit d'utiliser ces outils premium, le point de friction réside dans la communication de ces performances. 

 

Un modèle économique sous haute tension

Il faut noter que cette instabilité est aggravée par les Core Updates de Google. Ces mises à jour d'algorithmes peuvent provoquer des chutes de visibilité brutales, entraînant parfois la perte de 70% des revenus mensuels d'un média en une seule journée.

Pour une équipe éditoriale française, l'impact est colossal et menace directement la pérennité des structures indépendantes.

 

La passion avant les statistiques

Pour finir, nous sommes satisfaits de voir des acteurs historiques comme Jeux Vidéo Magazine démontrer la réalité du terrain de la presse JV en france. Le grand public ignore souvent les coulisses des relations éditeurs ou la précarité des modèles publicitaires : il arrive qu'un média génère 20 000 visiteurs uniques en une journée pour ne percevoir que 15 € de revenus, avant déduction des charges fiscales françaises.

Au-delà des polémiques, nous restons de tout cœur avec les médias et créateurs qui privilégient la loyauté et la passion. Ce sont eux qui font rêver les joueurs français chaque jour. Protéger la transparence, c'est préserver ce lien de confiance avec vous et s'assurer que le jeu vidéo reste une affaire de passionnés plutôt qu'une simple bataille de statistiques.

Nous saluons néanmoins la qualité du travail de Jeux Vidéo Magazine ainsi que celle de l'influenceur concerné, dont les contenus respectifs continuent de passionner des milliers de joueurs. Notre réserve porte exclusivement sur le recours à l'achat de trafic, une pratique légale qui fragilise l'équité du secteur et la transparence due au public.

 

Images : Zulfugar Karimov pou Unsplash+
Crédits : JVM, Brice Youtube