Test réalisé à l'aide d'une clé offerte par l'éditeur
Denshattack! fait partie de ces jeux qui attirent immédiatement l'attention avec un concept improbable. Le nouveau titre du studio indépendant Undercoders transforme un train en véritable machine à tricks capable d'enchaîner sauts, grinds, figures aériennes et drifts dans un Japon dystopique inspiré des grands classiques de l'arcade. Derrière cette idée décalée, le studio barcelonais propose un jeu exigeant, particulièrement gratifiant et doté d'une forte personnalité.
Denshattack! transforme un train en roi des figures acrobatiques
Sur le papier, difficile d'imaginer un train réaliser des ollies, des kickflips ou des wallrides. Pourtant, Denshattack! réussit à rendre cette idée complètement naturelle une fois la manette en main.
L'aventure prend place dans un Japon futuriste où les affrontements se règlent à coups de performances acrobatiques plutôt qu'avec des armes. Chaque niveau devient un immense terrain de jeu où l'objectif consiste autant à atteindre l'arrivée qu'à réaliser les meilleurs enchaînements possibles.
Les plus anciens joueurs évoquent naturellement des productions comme Jet Set Radio, Crazy Taxi, Sonic Adventure ou encore l'énergie de nombreux animes japonais de la fin des années 1990 et du début des années 2000, tout en proposant une identité qui lui appartient pleinement où le joueur doit faire preuve de dextérité pour enchaîner les high scores.




En dehors des pirouettes c'est quoi l'histoire de Denshattack! ?
Emi est une jeune livreuse de ramen extrêmement douée qui voit son destin basculer après une rencontre inattendue avec Fernando, un journaliste qui lui fait découvrir le Denshattack!. Bien décidée à relever ce nouveau défi, elle se lance dans un périple à travers tout le Japon afin d'affronter les gangs de chaque régions.
De l'extrême sud de Kyushu jusqu'aux paysages enneigés de Hokkaido, elle parcourt les vestiges d'un ancien réseau ferroviaire, fait la connaissance de marginaux comme Yoshie, perfectionne de nouvelles techniques, développe ses aptitudes et affronte les redoutables chefs de gangs ayant leurs personnalités, environnements et attaques contrôlant ainsi chaque région.
Grâce aux collectibles récupérables dans les différentes courses sur rails, il est possible de changer la couleur de son wagon, le style et même de lui appliquer de nouvelles décorations propres a chaque région, la personnalisation n'est pas extrême mais suffisante pour être notable.




Le gameplay de Denshattack! cache une vraie profondeur et demande une prise en main exigeante
Le système de jeu est sans aucun doute la plus belle réussite du titre. Undercoders mélange intelligemment plusieurs références du jeu vidéo. On retrouve la recherche du score, les commandes analogiques popularisées couplées à une sensation de vitesse bien retranscrite avec une fluidité exemplaire, je n'ai jamais constaté un ralentissement en jeu ou autre pouvant dégrader mon expérience ou gâcher ma partie.
Le train peut changer instantanément de voie, sauter, glisser sur des rails, effectuer des figures aériennes, déraper dans les virages ou encore utiliser son klaxon pour interagir avec certains éléments du décor.
Chaque parcours pousse à recommencer afin d'optimiser sa trajectoire, prolonger ses combos et améliorer son score. Cette sensation de progression permanente constitue l'un des plus grands atouts du jeu.
Les premières heures demandent de comprendre le bon timing des sauts, la gestion de la vitesse, les rotations du stick pour les figures ainsi que les nombreux embranchements présents dans les niveaux.
Cette courbe d'apprentissage rappelle les meilleurs jeux de l'époque. Plus les parties s'enchaînent, plus la maîtrise progresse et plus les parcours dévoilent leur richesse. Chaque erreur devient une leçon qui donne envie de relancer immédiatement une nouvelle tentative.


Des niveaux variés qui encouragent la rejouabilité
Les développeurs ont conçu des circuits qui ne se limitent jamais à une simple ligne droite. Certaines zones favorisent les longues séries de tricks tandis que d'autres privilégient la vitesse ou proposent des itinéraires alternatifs récompensant l'exploration.
Les Trick Parks offrent un vaste espace destiné aux amateurs de scoring, alors que plusieurs missions mettent en scène des courses contre des rivaux ou des objectifs plus orientés exploration.
Avec plus de cinquante niveaux annoncés, plusieurs boss et des trains personnalisables, le contenu promet de nombreuses heures de jeu pour les chasseurs de records.
Je dois reconnaître que plusieurs séquences m'ont donné du fil à retordre. Entre les scores à atteindre et certains passages qu'il a fallu recommencer encore et encore, la frustration était bien présente. Pourtant, c'est aussi ce qui rend la victoire si satisfaisante avec suffisamment de persévérance, on finit toujours par surmonter les obstacles.
Malgré une excellente rejouabilité, le jeu demande de la patience, sans elle, l'agacement pointent vite le bout de son nez et la lassitude s'installe rapidement.

Une direction artistique inspirée des plus grandes licences arcade
Impossible de ne pas remarquer les influences qui ont façonné Denshattack!, personnellement les graphismes du jeu me font penser à un autre jeu récent du nom de Hi-Fi Rush du studio Tango Gameworks.
Le cel-shading apporte beaucoup de caractère aux personnages et aux environnements façon manga et je suis tombé sous le charme de cette direction artistique chatoyante à l'oeil. Les couleurs restent éclatantes sans devenir agressives, tandis que chaque région renouvelle efficacement l'ambiance visuelle, des campagnes de Kyushu jusqu'aux immenses villes protégées sous des dômes.
Même si la technique reste modeste, la direction artistique fait largement oublier des textures parfois simples, quelques animations secondaires limitées ou certaines collisions perfectibles.

Les boss et la bande-son renforcent l'identité de Denshattack!
Les affrontements contre les boss confirment le ton complètement assumé de cette aventure. Entre des magical girls mécaniques, des vers géants ou encore des châteaux mobiles, chaque combat introduit une mécanique différente sans casser le rythme de la progression.
La bande-son participe également à cette identité très marquée. Les morceaux électroniques, rock et funk rappellent immédiatement les grandes productions Dreamcast et accompagnent parfaitement les longues sessions de scoring.
La musique donne régulièrement envie de relancer un niveau uniquement pour retrouver cette énergie si particulière.