Développé par le studio ZweiBier Indie et sorti officiellement sur Steam le 23 janvier 2026, Dreadway est un jeu indépendant de survie extraction qui ne se prend pas au sérieux. Le test a été effectué sur PC, au clavier-souris.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous tenons à remercier Keymailer ainsi que les développeurs pour l’envoi de clés permettant de tester le jeu avant sa sortie officielle, même si l’accès nous a été retiré au bout d’une dizaine de jours. Un détail qui, sans être dramatique, laisse déjà transparaître une certaine fébrilité autour du projet.
Dreadway se présente comme un jeu coop en ligne à l’ambiance horrifique légère, clairement inspiré par les succès récents du genre. Et c’est justement là que réside le problème : difficile de ne pas voir, dès les premières minutes, l’ombre écrasante de Lethal Company planer sur le gameplay.
Dreadway, c’est quoi ?
Dans Dreadway, vous incarnez un groupe de survivants lancés à bord d’un train traversant des zones infestées de dangers, à l’instar du très bon Metro Exodus. L’objectif est simple : descendre du train, explorer des zones hostiles, récupérer du matériel, remplir des objectifs secondaires, puis repartir avant que tout ne dégénère. Une boucle de gameplay que les amateurs de jeu coop en ligne connaissent déjà par cœur.
L’univers se veut volontairement absurde, oscillant entre horreur bon marché et humour involontaire. Le jeu ne cherche jamais à raconter une histoire profonde, préférant miser sur des situations émergentes et sur l’interaction entre joueurs. Une approche assumée, mais qui manque cruellement d’identité propre.
Comparé à Lethal Company ou même Content Warning, Dreadway donne souvent l’impression d’un brouillon fonctionnel. Le concept du train est intéressant sur le papier, mais il ne parvient jamais à devenir autre chose qu’un simple hub mobile, sans réel impact narratif ou ludique sur l’expérience globale.

Prise en main
La prise en main de Dreadway est volontairement accessible. Peu de touches, des actions basiques, et une courbe d’apprentissage quasi inexistante. En quelques minutes, tout joueur habitué aux jeux coopératifs comprendra quoi faire et comment survivre… du moins en théorie.
Le craft, élément central du gameplay, doit être assimilé très rapidement avant même de quitter le train. Le problème, c’est que cette phase d’apprentissage est expédiée sans réel accompagnement, donnant l’impression d’un tutoriel improvisé plutôt que pensé. On apprend sur le tas, souvent à ses dépens.
À bord du train, certaines interactions manquent clairement de nervosité. Arrêter le train, gérer le fourneau ou effectuer des actions clés donne une sensation de lourdeur artificielle. Dans un jeu coop en ligne où le timing est crucial, cette lenteur devient rapidement frustrante.

Que valent les graphismes de Dreadway ?
Visuellement, Dreadway fait le strict minimum. Les environnements sont corrects, assez peu détaillés, et globalement moins inspirés que ceux de Lethal Company ou même de R.E.P.O. Là où ces derniers parviennent à créer une atmosphère oppressante avec des pièces remplies, Dreadway se contente de décors génériques.
Les textures des objets sont correctes sans jamais impressionner. Les ennemis, quant à eux, souffrent d’un design simpliste et peu mémorable. Aucun ne marque réellement les esprits, et aucun ne génère une véritable tension lors des rencontres.
Seules certaines animations sortent légèrement du lot, notamment les coups de pied et la façon dont les personnages se déplacent. Ces moments apportent une touche comique bienvenue, mais insuffisante pour masquer les autres raccourcis pris par la direction artistique.

Que vaut le gameplay de Dreadway ?
Sur le papier, le gameplay de Dreadway coche toutes les cases du jeu coop en ligne moderne. Exploration, collecte, extraction, coopération. Dans les faits, l’exécution manque cruellement de mordant.
Le système de craft fonctionne plutôt bien et constitue l’un des rares éléments satisfaisants de l’expérience. En revanche, le reste des mécaniques peine à créer une véritable tension. Les ennemis sont lents, facilement évitables, et ne représentent jamais une réelle menace. Comparé à Content Warning, Dreadway ne fait tout simplement pas peur.
L’absence de gestion de ressources marquante est également problématique. Pas de batterie pour la lampe torche, aucune pression liée à l’équipement, hormis le fuel du train. Pour un jeu de survie, cela fait léger. Même les mines, censées être dangereuses, sont facilement repérables dans l’obscurité. Les objectifs, enfin, manquent d’impact. Qu’on les accomplisse ou non, la partie suit son cours sans réelle conséquence, donnant un sentiment de vacuité à chaque mission.

La commande vocale : une innovation qui montre vite ses limites
L’idée la plus originale de Dreadway réside dans son système de commande vocale pour ouvrir certaines portes de bunkers. Sur le papier, le concept est excellent et promet des situations tendues et imprévisibles.
Dans la pratique, le système est capricieux. Une reconnaissance vocale approximative, un accent mal interprété ou un simple problème de micro, et la porte reste obstinément fermée. Pire encore, le mot de passe peut se trouver juste à côté… ou à l’autre bout de la carte, cassant totalement le rythme.
Les voix sont censées attirer les ennemis, mais ces derniers étant particulièrement lents, le risque est quasiment inexistant. Résultat : une mécanique innovante, mais mal exploitée, qui donne surtout envie d’être retravaillée plutôt que réutilisée telle quelle.
