Après plusieurs années d’attente, The Sinking City 2 est enfin disponible. Développé et édité par Frogwares, le jeu d’horreur est officiellement sorti le 18 août 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, avec une volonté claire : délaisser une partie de l’approche enquête du premier opus pour embrasser pleinement les codes du survival horror.
Cette fois, direction une nouvelle fois Arkham, mais dans une version encore plus sombre, humide et inquiétante. Après avoir découvert la démo en juin dernier, il était donc temps de voir si la version complète parvenait à transformer cette première impression prometteuse en véritable expérience horrifique. Notre test a été réalisé sur PC, au clavier-souris. Nous remercions Keymailer pour nous avoir fourni une clé du jeu.
Bienvenue dans l’Arkham la plus sombre
Un voyage au cœur d’une Arkham engloutie
Oubliez l’enquêteur Charles Reed du premier épisode. The Sinking City 2 nous met dans la peau de Calvin Rafferty, un aventurier habitué aux phénomènes occultes qui se retrouve plongé dans une Arkham des années 1920 ravagée par les eaux et infestée de créatures cauchemardesques. Son objectif est intimement lié à sa compagne, Faye Bennett, plongée dans un mystérieux coma dont il cherche désespérément à la sortir.
Frogwares conserve évidemment l’ADN Lovecraft de la licence, avec cette fascination pour les divinités anciennes, les créatures difformes et cette impression permanente que l’être humain n’est qu’une minuscule pièce dans quelque chose qui le dépasse complètement. Mais là où le premier épisode misait davantage sur l’enquête et son monde semi-ouvert, cette suite assume une structure beaucoup plus proche du survival horror traditionnel.
Et c’est probablement le changement le plus important à retenir. The Sinking City 2 ne cherche plus vraiment à être un jeu d’enquête qui fait peur : c’est désormais un jeu d’horreur qui conserve quelques éléments d’enquête. Une nuance qui peut décevoir les amateurs du premier opus, mais qui permet surtout à Frogwares de proposer une expérience beaucoup plus maîtrisée.

Une prise en main progressive pour une aventure d’environ 15 heures
Les premières minutes prennent volontairement leur temps. Le jeu enchaîne plusieurs cinématiques avant de nous laisser progressivement reprendre le contrôle de Calvin, d’abord pour découvrir les déplacements, puis pour comprendre les différentes possibilités offertes par l’exploration et enfin pour se familiariser avec les affrontements.
Cette introduction peut sembler un peu longue, mais elle permet de poser l’ambiance avant de véritablement nous jeter dans le bain. Et quel bain… Entre les rues noyées d’Arkham, les bâtiments abandonnés et les premières créatures qui surgissent là où on ne les attend pas, l’exploration reste une composante essentielle de l’aventure.
La progression est désormais beaucoup plus encadrée. On navigue entre différents secteurs d’Arkham avant d’explorer des zones plus fermées, avec des portes verrouillées, des passages à débloquer, des objets à trouver et des énigmes à résoudre. Le titre évite ainsi une partie du côté parfois laborieux du premier épisode, même si cette structure plus linéaire lui fait perdre un peu de son identité.
Côté durée de vie, comptez environ 14 à 15 heures pour terminer l’aventure principale, selon votre rythme, votre intérêt pour les secrets et votre capacité à résoudre les différentes énigmes.

Graphismes : une Arkham noyée dans les détails
Visuellement, The Sinking City 2 fait partie de ces jeux où l’ambiance compte presque davantage que la prouesse technique pure. Frogwares utilise l’Unreal Engine 5 pour donner vie à une Arkham méconnaissable, recouverte d’eau et rongée par la décrépitude. Les rues détrempées, les bâtiments abandonnés, les couloirs décrépis et les différents environnements traversés donnent réellement l’impression de visiter une ville qui a vécu avant de sombrer dans le cauchemar.
Le jeu de lumières est particulièrement réussi. Les zones plongées dans l’obscurité, les reflets sur les surfaces mouillées et les jeux d’ombres participent énormément à l’immersion. Certaines scènes donnent presque l’impression d’évoluer dans un mélange de Resident Evil et de cauchemar lovecraftien, avec une direction artistique suffisamment personnelle pour ne pas être réduite à une simple copie de Capcom.
Tout n’est cependant pas parfait. Les animations faciales peuvent parfois manquer de naturel et certaines interactions avec les décors restent étonnamment limitées. On ressent aussi par moments les contraintes d’une production AA qui cherche à rivaliser avec des références disposant de moyens bien supérieurs. Mais lorsqu’il s’agit de créer une ambiance poisseuse, sombre et inquiétante, Frogwares réussit largement son pari.

Gameplay : Frogwares plonge dans le survival horror
Des énigmes et surtout beaucoup de gestion des ressources
C’est ici que The Sinking City 2 change véritablement de visage. Le jeu abandonne une grande partie des mécaniques d’enquête du premier épisode pour adopter une formule beaucoup plus proche des survival horror modernes. Exploration, combats, gestion de l’inventaire, recherche de ressources et énigmes constituent désormais le cœur de l’expérience.
L’arsenal évolue progressivement avec l’aventure. On commence avec une simple arme de poing avant de récupérer notamment un fusil à pompe, un fusil, une mitraillette et un lance-grenades. Chaque arme peut recevoir différentes améliorations, donnant envie d’explorer les niveaux à la recherche de ressources et de pièces détachées.
Mais tirer sur tout ce qui bouge est rarement une bonne idée. Les munitions sont limitées et l’inventaire ne permet pas de transporter grand-chose. Comme dans les meilleurs survival horror, il faut donc constamment faire des choix. Cette gestion apporte une tension intéressante, même si elle peut parfois devenir frustrante.
Les énigmes constituent heureusement l’un des points forts du titre. Elles restent accessibles sans devenir complètement anecdotiques et demandent régulièrement de faire le lien entre différents indices, objets et éléments du décor. Les enquêtes secondaires et les indices peuvent également rapporter du Dream Essence, utilisé pour débloquer des talents améliorant progressivement Calvin.
Le système d’enquête a donc survécu, mais sous une forme simplifiée. C’est un choix qui fonctionne plutôt bien pour maintenir le rythme, même si les joueurs qui avaient apprécié le côté détective du premier épisode risquent de rester sur leur faim.

Un Arkham lugubre bourré de mauvaises surprises
L’environnement est sans aucun doute l’une des grandes réussites du jeu. Arkham est sombre, humide, délabrée et franchement peu accueillante. Chaque zone possède sa propre identité, qu’il s’agisse des rues inondées, d’un hôpital abandonné ou d’autres lieux plus surprenants. Le level design sait également jouer avec les habitudes du joueur : une porte qui vient de s’ouvrir, un corps qui semble parfaitement inoffensif ou une pièce que l’on pensait avoir nettoyée peuvent rapidement devenir le théâtre d’une nouvelle attaque.
Et puis il y a les Slither. Ces parasites ressemblant à des vers ou à des anguilles prennent possession des cadavres et les transforment en nouvelles menaces. Leur particularité oblige à viser certains points faibles qui apparaissent sur leur corps. Une fois l’hôte vaincu, le parasite peut même tenter de rejoindre un autre cadavre pour poursuivre le combat.
Cette mécanique ajoute une petite couche tactique aux affrontements. Il ne suffit pas toujours de vider son chargeur sur le premier monstre venu : il faut observer, viser les points faibles et parfois terminer rapidement un ennemi au corps à corps pour éviter que le parasite ne reparte à la recherche d’un nouveau corps.
La variété des créatures est toutefois plus inégale. Certaines abominations sont particulièrement réussies et collent parfaitement à l'imaginaire Lovecraft, tandis que les ennemis plus classiques finissent par ressembler à de simples zombies.