Test réalisé à l'aide d'une clé offerte par l'éditeur
Il aura suffi de quelques rounds pour comprendre pourquoi Guilty Gear Strive s’est imposé comme l’un des nouveaux piliers du versus fighting moderne : une direction artistique affolante, une bande-son qui cogne fort et un système de jeu à la fois lisible et impitoyable. Avec l’arrivée de la saison 5 et de la mise à jour 2.00, Arc System Works ne se contente pas de prolonger la vie de son jeu : le studio cherche clairement à relancer la dynamique compétitive et à rappeler que Strive reste un des cadors du paysage.
Une baston théâtrale, grandiose et stylisée
Guilty Gear Strive est d’abord une claque visuelle : le moteur 2.5D fait des merveilles, offrant des personnages presque animés à la main, des poses exagérées et des surcadrages dignes d’un anime haut de gamme. Chaque coup important est mis en scène avec des ralentis, des changements de caméra et des effets de lumière qui transforment le moindre contre en tableau spectaculaire, sans nuire à la lisibilité de l’action.
La bande-son, mélange de rock survolté et de thèmes chantés, fait plus que simplement accompagner les combats : elle imprime un rythme et une identité à chaque affrontement, au point qu’on se surprend à fredonner entre deux matchs. Le story mode, lui, se consomme comme une série animée interactive : zéro combat, uniquement de longues cinématiques qui déroulent la conclusion de l’arc entamé depuis des années, un choix audacieux mais cohérent pour les fans de l’univers, même si les joueurs cherchant un mode narratif jouable resteront perplexes.

Entre porte d’entrée et dojo impitoyable
Strive a fait le choix de simplifier certaines mécaniques historiques, notamment les anciens gatlings qui permettaient d’enchaîner naturellement les coups faibles vers les plus forts, afin d’adopter un rythme plus posé et centré sur le neutral. Les combos sont plus courts mais infligent des dégâts très élevés, donnant à chaque ouverture une importance cruciale, ce qui rend chaque erreur immédiatement palpable, même pour les débutants.
Pour autant, le jeu reste d’une profondeur redoutable grâce aux Roman Cancels déclinés en quatre couleurs, à la gestion du mur qui se brise et change la position sur le terrain, et à tout un arsenal de nuances (frame advantage, fuzzy guard, conversions optimisées) que le Mission Mode prend le temps d’expliquer. Ce dernier propose une progression par paliers, allant des bases (chopes, dash, coups spéciaux) jusqu’aux subtilités des Roman Cancels et aux conseils de match-up, offrant un tremplin précieux pour les joueurs qui veulent dépasser le simple enchaînement de combos automatiques.
Une arène en ligne enfin à la hauteur
Dès sa sortie, Strive s’est distingué par son netcode rollback, qui a totalement changé la donne par rapport aux épisodes précédents et à nombre de concurrents : les matchs en ligne y sont nettement plus proches des sensations offline, même avec des adversaires éloignés géographiquement. De nombreux joueurs et critiques soulignent encore aujourd’hui la stabilité et la réactivité de ce netcode, devenu un exemple à suivre pour les autres jeux de combat.
Côté modes, l’offre reste assez classique : arcade, survie, missions et bien sûr le mode en ligne avec ses fameuses tours. Certains pourront critiquer le manque de contenu, mais j’avoue être surtout là pour doser. Avec le temps et les mises à jour, la base de joueurs est restée solide, portée par une scène compétitive active et des événements réguliers, ce qui fait de Strive un terrain de jeu fiable pour qui veut s’investir sérieusement sans craindre de ne plus trouver d’adversaires.

Saison 5 : un nouveau round pour Strive
L’arrivée du Season Pass 5, couplée à la version 2.00, marque une nouvelle étape importante dans la vie du jeu : Arc System Works y voit clairement l’ouverture d’un nouveau cycle, avec un équilibrage global et de nouvelles options de gameplay destinées à rafraîchir la méta. La mise à jour introduit notamment un nouveau système baptisé “Counter Blitz”, en plus de nouveaux coups spéciaux pour certains personnages, de quoi rebattre les cartes même pour les vétérans qui pensaient connaître Strive par cœur.
Le Season Pass 5 apporte en parallèle quatre nouveaux personnages jouables étalés dans le temps, une nouvelle arène de combat baptisée “Bercé par les quatre bêtes”, ainsi qu’un lot généreux de couleurs additionnelles et d’options de personnalisation pour l’interface. Jam Kuradoberi ouvre le bal dès le lancement du pass, suivie par Robo-Ky prévu pour l’été 2026, tandis que deux combattants encore non dévoilés arriveront d’ici le printemps 2027, de quoi maintenir une vraie attente autour de chaque annonce et relancer régulièrement l’envie de revenir travailler de nouveaux match-ups.