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Test Iron Nest: Heavy Turret Simulator - Le coup de foudre à 800 mm

9.5
Image du test
Test réalisé sur Steam PC
Temps de jeu 12h+
Publication 02 Sept 2026 à 22h00
Rédacteur Milius

Test réalisé à l'aide d'un code envoyé par l'éditeur

Il y a des jeux où, dès le premier visionnage d’un trailer, on sait que le titre va devenir un coup de cœur. Iron Nest: Heavy Turret Simulator se place clairement dans cette catégorie. J’en attendais une ambiance bien léchée, un gameplay très tactile et une satisfaction folle. Autant dire que j’ai été servi.

Iron Nest: Heavy Turret Simulator fait partie de ces jeux dont le concept peut sembler extrêmement niché au premier abord. Après tout, on parle ici de passer des heures enfermé dans une immense tourelle à calculer des trajectoires et manipuler des machines pour tirer des obus. Pourtant, derrière cette proposition destinée en apparence aux fanatiques d’artillerie se cache une expérience particulièrement immersive, portée par un univers uchronique fascinant et une attention presque obsessionnelle accordée aux détails.

 

Mais attends, on tire juste avec un canon ?

Pour commencer les présentations, Iron Nest est un jeu développé et édité par Nick Talmers, au développement, et Dominik Latos, notamment chargé de la communication et de l’édition. Le titre nous plonge dans un univers dieselpunk, mélange rétrofuturiste aux inspirations steampunk, où vous êtes aux commandes d’une machine de guerre colossale. L’expérience prend ainsi la forme d’un huis clos à l’intérieur de cette immense tourelle et, oui, toutes les mécaniques reposent sur ce point de départ. Mais avant de fuir en vous disant qu’il s’agit uniquement d’un jeu pour fanatiques d’artillerie et de machinerie, il faut se plonger un peu dans son univers et, surtout, dans l’ambiance d’Iron Nest.

Iron Nest est donc le nom de l’immense engin de guerre dont vous êtes l’Opérateur. Vous recevez vos ordres par l’intermédiaire de téléscripteurs et devez ensuite calculer et paramétrer le canon afin d’accomplir votre devoir. Dans cet univers, la Première Guerre mondiale n’a jamais eu lieu : l’Empire allemand persiste, la France et la Grande-Bretagne forment l’Entente, tandis que le Royaume de Castille accuse la France de soutenir une rébellion républicaine qui a éclaté dans tout le pays. Vous incarnez donc un Opérateur au service du Royaume de Castille, installé dans une immense tourelle montée sur quatre pattes et armée de deux canons de 800 mm récupérés sur le cuirassé Alfonso XIII.

Bon, je vous l’accorde, il faut aimer l’Histoire et les uchronies. Mais comment ne pas tomber amoureux d’une ambiance aussi intense ? Chaque mission commence par le bruit des téléscripteurs crachant leurs directives. Mon premier réflexe consiste alors à prendre les notes nécessaires sur mon calepin puis, avant de démarrer le moindre calcul ou de tracer la moindre ligne et la moindre courbe, je lance un vinyle que je mets à fond. Les trompettes sonnent, les tambours battent et je peux désormais vous expliquer ce que vous devez réellement accomplir en tant qu’Opérateur de l’Iron Nest.

 

Image de Iron Nest
Image de Iron Nest
L'ambiance et la DA sont vraiment réussites
Image de Iron Nest
Voilà le schéma de gameplay vulgairement expliqué, mais finalement plutôt bien expliqué
Image de Iron Nest
A l'intérieur, en contournant les engrenages et les tuyaux vous pouvez fermer la fenêtre

 

Une carte, des traits, des leviers et des manivelles

Il est désormais temps de parler des mécaniques du jeu. Comme son titre l’indique finalement assez bien, Iron Nest: Heavy Turret Simulator est un simulateur de tourelle en huis clos. Une fois vos ordres reçus et la musique épique lancée, il faut commencer par mesurer les distances sur une grande carte. Pour ce faire, vous avez préalablement noté toutes les indications nécessaires sur votre calepin. Vous pouvez ensuite organiser votre carte en conservant les repères qui vous intéressent et, à partir de là, vous êtes totalement libre.

Des crayons de différentes couleurs sont à votre disposition, tout comme des pions et la possibilité de placer des points de repère, de tracer des lignes ou encore d’utiliser un compas pour dessiner des cercles. Il est même possible de lancer des obus factices qui vous renvoient ensuite des photographies du terrain. Bref, vous l’aurez compris, un tir, ça se prépare, surtout lorsque l’on risque de toucher un allié, et le jeu vous donne absolument tous les outils nécessaires pour vous amuser avec cet aspect.

Une fois cette préparation terminée, il est temps de passer à la configuration du canon. Il faut le charger avec la munition voulue, ajouter les charges explosives correspondant à la distance nécessaire, régler l’azimut ainsi que la hauteur du canon et, enfin, faire feu. Sur le papier, l’expérience pourrait rapidement sembler répétitive. Pourtant, le jeu propose un peu plus d’une dizaine d’heures avant d’arriver au bout de son histoire et l’aspect extrêmement tactile de tout ce processus parvient à maintenir l’émerveillement durant toute l’aventure.

Chacune des missions propose également quelques défis supplémentaires afin d’ajouter un peu de challenge à l’histoire. De quoi permettre aux plus grands fans d’artillerie de prolonger quelque peu l’expérience ou, pour les plus nostalgiques, de trouver une bonne raison de relancer le jeu au-delà des différentes fins possibles lors de la dernière mission.

 
Image de Iron Nest
Après chaque tir, je cours voir ma carte (et, des fois, je me mets même accroupi sur la table pour regarder)
Image de Iron Nest
Quand je touche ce levier tout tremble partout
Image de Iron Nest
Le sound design est fabuleux et quel plaisir d'activer tous les leviers

 

Les détails qui font tout le sel

Revenons maintenant au tir. Une fois que vous avez actionné le levier pour faire feu, l’ensemble de la machine de guerre se met à trembler violemment. Il ne vous reste alors plus qu’à courir jusqu’à la carte pour voir une règle suivre le trajet de votre obus, tandis que des photographies viennent s’y installer afin de vous montrer le résultat de l’impact. Le téléscripteur finit par vous indiquer qui vous avez touché, tandis que le journal vous permet de suivre les événements du monde extérieur. Il faut d’ailleurs souligner cette merveilleuse idée consistant à nous faire découvrir l’évolution de l’histoire à travers le journal, ce qui permet de préserver le huis clos et son ambiance jusqu’au bout.

Il y a également une forme de malaise assez forte lorsque, pour la première fois, vous tirez très innocemment sur des ennemis et que des points rouges apparaissent sur la photographie pour indiquer les pertes adverses. Au milieu de ceux-ci viennent parfois s’entremêler des points bleus, signalant la présence d’alliés ou de civils. Le téléscripteur s’emballe alors et un ordre apparaît en énormes lettres : "CESSEZ-LE-FEU ! ALLIÉS TOUCHÉS". Pourtant, le second téléscripteur continue de s’agiter : la mission n’est pas terminée.

Il faut alors réfléchir davantage au prochain tir. Vous venez de tuer des civils et, sans jamais vous faire quitter votre tourelle, le jeu réussit à vous faire culpabiliser. Une mécanique toute simple sur le papier, mais qui prend une tout autre dimension grâce à cette mise à distance permanente des conséquences de vos actions.

Pour continuer avec ces détails qui font tout le sel du titre, il est possible de personnaliser votre chat de manière très poussée parce que... eh bien, pourquoi pas, en fait ? À cela s’ajoutent de nombreuses petites mécaniques anecdotiques, comme la possibilité de se préparer un café avec une machine bien trop complexe pour ressembler à une Nespresso moderne, ou encore de récupérer de nouveaux vinyles au fur et à mesure de votre progression. Toutes ces petites trouvailles entretiennent l’émerveillement à chaque nouvelle découverte et rapprochent Iron Nest de cette forme de perfection que l’on attend précisément d’un jeu aussi atypique.

 

Image de Iron Nest
Mon chat mérite sa casquette, c'est un brave chat
Image de Iron Nest
Les vinyles sont exceptionnels ! 
9.5

Verdict

Comment rester de marbre quand un jeu me prend autant par les sentiments ? Iron Nest: Heavy Turret Simulator n’est clairement pas un jeu fait pour tout le monde, mais il coche exactement toutes les cases pour les amateurs d’artillerie et de jeux du genre. Entre une histoire franchement intéressante, une ambiance particulièrement réussie grâce à une multitude de petits détails, comme la personnalisation du chat, le suivi des tirs ou les vinyles, et un gameplay qui me permet d’interagir avec pratiquement tout l’intérieur de la tourelle, Iron Nest est une immense réussite. C’est un jeu extrêmement niché qui assume pleinement de l’être et qui exploite son concept jusque dans les moindres détails. Iron Nest: Heavy Turret Simulator ressemble finalement au jeu dont de nombreux fans du genre rêvaient.

Les points clés

  • Un huis clos tenu, assumé et pleines de bonnes idées (journaux, photos, ...)
  • Le gameplay tactile où l'on peut tout toucher à sa guise
  • La possibilité d'organiser la carte de manière très précise ou complètement à l'arrache
  • Les vinyles
  • Le malaise instauré par le fait de toucher des civils ou des alliés
  • Un sound design irréprochable
  • Le gameplay peut paraître répétitif
  • J'aurais dû mettre encore plus souvent le premier vinyle (c'est ma faute, il est trop bien)
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