Test réalisé à l'aide d'une clé envoyé par l'éditeur
Alors que je commençais à ressentir une certaine saturation face à la multiplication des metroidvania, un ami m’a glissé à l’oreille le nom de MIO: Memories in Orbit. J’ai d’abord réagi avec lassitude, persuadé de ne pas vouloir en entendre parler. Mais lorsqu’il m’a précisé qu’il s’agissait d’un jeu français, mon intérêt s’est réveillé. Un trailer plus tard, dévoilant un platforming prometteur et une direction artistique totalement singulière, ma curiosité a fini par l’emporter. Me voilà donc, manette en main, à découvrir MIO: Memories in Orbit.
Un univers riche de promesses
Développé par le studio Douze Dixièmes, déjà à l’origine de Shady Part of Me, et édité par PullUp (anciennement Focus), MIO: Memories in Orbit est un metroidvania qui nous place dans la peau d’un petit robot, MIO, réveillé à bord de l’Arche, un immense vaisseau spatial. Sans aucun souvenir de son identité, MIO découvre un monde laissé à l’abandon, où les Perles, des IA chargées de maintenir l’équilibre du vaisseau, ne répondent plus. Résultat : végétation incontrôlée, machines déréglées… et mystères à la pelle.
Si cette introduction paraît classique, il suffit de jeter un œil aux premières images du jeu pour être happé par sa direction artistique hors normes. Mais une belle esthétique ne suffit pas : encore faut-il que le gameplay et la narration suivent. Je me lance donc dans l’aventure avec deux grandes questions en tête : l’histoire tiendra-t-elle ses promesses ? Et les déplacements comme les combats seront-ils à la hauteur ?

La beauté d’un moteur maison
S’il y a bien une qualité évidente qui saute aux yeux dès les premières minutes de jeu, c’est l’ambiance visuelle de MIO. Les décors sont somptueux, les boss impressionnants, et chaque personnage rencontré possède un design propre et marquant. Ce style graphique, fait de traits appuyés et de textures originales, est véritablement unique. On doit cette patte si particulière au moteur maison utilisé par Douze Dixièmes, un choix audacieux qui s’avère payant.
Autre idée brillante : la manière dont notre progression colore peu à peu l’Arche. Ce retour progressif de la couleur donne non seulement du sens à l’exploration, mais permet aussi de renouveler constamment l’intérêt pour les environnements traversés, même lors des inévitables aller-retour. Ceux-ci, heureusement, sont largement facilités par un level design malin et des raccourcis bien pensés. MIO est, sans aucun doute, le metroidvania qui m’a le plus donné envie d’admirer ses décors.
Côté sonore, l’expérience est tout aussi réussie. Les musiques, variées et immersives, accompagnent parfaitement l’aventure. Qu’il s’agisse de phases d’exploration ou de combats de boss, chaque morceau semble avoir été pensé pour souligner les émotions du moment. Mention spéciale au morceau de rock particulièrement entraînant lors du combat contre le piège à Perles sentient.

Plongée dans les mystères de l’Arche
Nombreux sont les jeux qui, sous couvert de narration "cryptique et non linéaire", masquent en réalité un manque d’écriture. Rassurez-vous, MIO ne fait pas partie de cette catégorie. Le jeu demande certes un certain investissement : il faut prendre le temps d’observer les décors, lire les dialogues, examiner les objets découverts. Mais cet effort est largement récompensé, car MIO ne laisse aucune question sans réponse. L’univers est dense, cohérent et regorge de mystères pour les amateurs de lore à décrypter.
La grande réussite de Douze Dixièmes réside dans les sensations que procure le jeu. Les Perles de l’Arche, l’Épine, la Main, l’Œil, le Sang et le Souffle, incarnent autant d’éléments sensoriels et perceptifs. Ce choix s’intègre parfaitement aux phases de "tutoriels", au style radicalement différent, qui nous replongent dans un état presque primitif, embryonnaire. Les dialogues y prennent un ton poétique et profondément marquant.

Un gameplay riche et maîtrisé
Côté gameplay, MIO regorge d’idées, souvent excellentes. Dès les premières heures, on obtient un grappin qui pousse à aborder l’exploration de manière aérienne et fluide. Le personnage est agile, et cette agilité devient vite une clé pour triompher des différents boss du jeu. L’exploration repose sur une carte en étoile avec un point de départ central, et l’on débloque progressivement de nouveaux chemins qui facilitent les déplacements.
Autre point appréciable : MIO propose de nombreuses options d’accessibilité permettant d’adapter la difficulté. Les joueurs souhaitant simplement profiter de l’univers et des secrets du vaisseau peuvent ainsi adoucir l’expérience sans la dénaturer. Comptez entre 30 et 40 heures pour une exploration complète, voire plus pour les joueurs les plus acharnés, et le tout pour seulement 19,99€.

