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Avec Mixtape, le studio Beethoven & Dinosaur, déjà derrière The Artful Escape, abandonne la science-fiction psychédélique pour raconter quelque chose de plus intime, la dernière nuit de trois amis avant que leurs chemins ne se séparent. Entre skate, fêtes improvisées, premiers amours et virées absurdes, le jeu construit une aventure narrative portée par une bande-son culte où se croisent The Cure, Joy Division ou encore Smashing Pumpkins. Plus qu’un simple jeu indépendant, Mixtape veut capturer ce moment précis où l’adolescence touche à sa fin.
Mixtape transforme une dernière soirée entre amis en voyage nostalgique
Dès ses premières minutes, Mixtape pose une ambiance très différente de la majorité des productions narratives actuelles. Ici, il n’est pas question de sauver le monde ou d’affronter une menace gigantesque. Tout tourne autour d’un trio d’amis qui vit ses dernières heures ensemble avant le grand saut vers la vie adulte.
Le principe est simple, c'est une compilation musicale déclenche une série de souvenirs jouables retraçant les moments marquants de leur adolescence. Chaque morceau agit comme une porte ouverte sur une époque précise, un instant suspendu entre euphorie et mélancolie.
Le résultat rappelle immédiatement les grands films sur le passage à l’âge adulte des années 90. Mixtape ne cherche pas le spectaculaire permanent, mais mise plutôt sur l’émotion et la sincérité.
Le vrai point fort du jeu, c’est sa capacité à rendre chaque scène universelle. Une soirée qui dérape, un trajet en voiture sans destination, un premier baiser maladroit ou une discussion absurde entre amis deviennent ici des séquences interactives pleines de charme.

Un gameplay rafraichissant entre scènes absurdes et situations rocambolesques
Mixtape multiplie en réalité les activités et les situations jouables. Chaque souvenir possède sa propre mécanique, parfois très simple, mais toujours pensée pour servir l’ambiance.
On passe ainsi d’une session de skate à travers les rues de la ville à une partie de baseball improvisée, avant d’enchaîner sur une fuite ridicule face à la police ou une séance photo dans un parc d’attractions abandonné.
Le jeu assume totalement son côté compilation d’expériences adolescentes. Certaines séquences sont volontairement absurdes, d’autres beaucoup plus introspectives. Cette variété évite toute monotonie et donne surtout l’impression de feuilleter un album de souvenirs interactif.
Beethoven & Dinosaur mise également énormément sur la mise en scène. Les transitions entre les souvenirs sont fluides, presque oniriques, avec des changements de rythme constants qui collent parfaitement à l’énergie de l’adolescence.
Même lorsque le gameplay reste minimaliste, Mixtape réussit à garder le joueur impliqué grâce à son rythme et à son écriture naturelle. Les dialogues sonnent justes, les échanges paraissent spontanés et les personnages évitent les clichés habituels du teen movie.




La bande-son de Mixtape porte toute l’émotion du jeu
Impossible de parler de Mixtape sans évoquer sa musique. La bande-son est clairement le cœur du projet et l’un des éléments qui donnent immédiatement son identité au jeu.
Le studio rassemble des artistes cultes comme Roxy Music, Joy Division, Lush, DEVO, Iggy Pop, The Smashing Pumpkins ou encore The Cure. Chaque morceau accompagne un souvenir précis et agit comme un véritable moteur émotionnel.
Contrairement à certains jeux qui utilisent des titres célèbres comme simple fond sonore, Mixtape construit ses scènes autour de sa musique. Les chansons dictent le rythme, l’ambiance et parfois même les émotions ressenties durant les séquences.
Cette approche rappelle les meilleures scènes musicales du cinéma indépendant, où une chanson suffit à transformer un moment banal en souvenir marquant. Pour les joueurs sensibles à cette culture musicale alternative et rock, l’expérience pourrait rapidement devenir très personnelle.
Visuellement, le jeu prolonge cette identité avec une direction artistique chaleureuse, colorée et légèrement granuleuse qui évoque les souvenirs filmés au caméscope ou les vieux clips musicaux.


Mixtape pourrait devenir le jeu nostalgique que beaucoup attendaient
Avec son mélange de musique culte, de souvenirs adolescents et de narration interactive, Mixtape possède déjà une identité très forte. Beethoven & Dinosaur semble avoir compris que la nostalgie fonctionne encore mieux lorsqu’elle s’appuie sur des émotions simples et universelles plutôt que sur un simple empilement de références.
Le jeu pourrait particulièrement toucher les joueurs qui ont grandi avec cette culture musicale alternative et ces films générationnels des années 90/2000. Mais même au-delà de cet aspect nostalgique, Mixtape intrigue surtout par sa manière de transformer les petits moments de la vie en aventure interactive.
Mixtape cartonne grâce à une recette simple mais redoutable, une ambiance visuelle forte, une bande-son culte et des souvenirs d’adolescence universels. Les joueurs d'une certaine génération se retrouvent immédiatement dans les références du jeu, qui fonctionne comme une madeleine de Proust géante. Chaque scène rappelle cette période entre insouciance, musique et premières vraies émotions.