Test réalisé à l'aide d'une clé offerte par l'éditeur
Resident Evil Requiem replonge les joueurs dans une angoisse poisseuse insoutenable. En tant que fan inconditionnelle de la franchise horrifique de Capcom depuis l'époque bénie de la PlayStation 1, je m'attendais à tout sauf à un tel ascenseur émotionnel. Entre l'arrivée de la jeune Grace Ashcroft et le retour musclé d'un Leon S. Kennedy vieillissant, le titre joue habilement avec nos nerfs. Préparez-vous à plonger dans les secrets les plus sombres d'un jeu qui risque de vous hanter.

Resident Evil Requiem impose un double gameplay redoutable
En tant que fan de la première heure de la licence, j'ai vu la série muter à de nombreuses reprises. Avec Resident Evil Requiem, Capcom tente un pari audacieux en mêlant deux approches radicalement différentes. D'un côté, nous découvrons Grace Ashcroft, une analyste du FBI coincée dans l'hôtel abandonné de Wrenwood. De l'autre, nous retrouvons notre bon vieux Leon S. Kennedy qui nous a tant manqué.
Le point fort majeur du titre réside dans sa flexibilité totale concernant la caméra. Que vous incarniez Grace ou Leon, le jeu vous laisse le choix absolu entre la vue à la première personne, redoutablement immersive, et la caméra à l'épaule classique. Cette liberté permet de façonner sa propre expérience horrifique de bout en bout.
Le contraste entre les deux protagonistes est saisissant. Les séquences avec Grace s'orientent vers un survival-horror pur et dur, gratinées d'une bonne dose d'infiltration et de gestion des balles. Je l'avoue volontiers, la furtivité n'est pas du tout mon point fort et j'ai souvent fini par fuir pitoyablement ou par dégommer tout ce qui était hostile. Un point m'a particulièrement tendue sur ces passages : la taille de l'inventaire de Grace. Ce dernier oblige à des allers-retours constants vers les coffres, ce qui rappelle les premiers Resident Evil qui laissaient aux joueurs une taille d'inventaire ridiculement petite. Heureusement, le passage sur les chapitres de Leon agit comme un défouloir particulièrement jouissif. L'ancien flic compense les moments de tension par une action décomplexée, un arsenal lourd et un système de points pour améliorer son équipement. Cette dualité évite l'ennui, même si l'on regrette amèrement l'absence d'énigmes vraiment tordues, celles qui nous bloquaient pendant des heures dans les premiers épisodes.

Un lore qui s'épaissit : où nous emmène l'histoire de Resident Evil Requiem ?
C'est ici que le bât blesse pour les puristes dont je fais partie. Le principal reproche que l'on peut faire à Capcom, c'est cette fâcheuse tendance à apporter des réponses à des questions que l'on ne se posait pas, tout en multipliant les zones d'ombre. À chaque fois que l'on pense avoir saisi les tenants et les aboutissants de l'intrigue, une cinématique inattendue vient tout balayer en dix secondes chrono.
Malgré ses qualités esthétiques indéniables, la narration souffre de la volonté de Capcom de trop en faire. L'histoire tente de raccrocher les wagons avec la catastrophe de Raccoon City survenue il y a près de 28 ans, tout en soulevant des dizaines de nouvelles questions assez déroutantes. On se demande vraiment où les scénaristes veulent nous emmener, surtout avec un casting historique qui s'approche dangereusement de l'âge de la maison de retraite. Mais surtout, où se trouvent les autres personnages iconiques de la série ?

Une ambiance visuelle et sonore d'une précision chirurgicale
Sur le plan technique, ce nouveau volet flatte la rétine tout en retournant l'estomac. Le moteur graphique RE Engine prouve encore une fois sa supériorité. Il affiche des environnements grouillants de détails morbides avec une fluidité constante, sans le moindre crash à déplorer. Les démembrements des zombies s'affichent avec une brutalité inouïe. Mention spéciale aux Blister Heads, ces évolutions mutantes nécessitant un injecteur hémolytique pour être définitivement neutralisées ou une quantité astronomique de balles, qui vous feront suer à grosses gouttes.
L'immersion est d'autant plus totale que l'ambiance sonore frise la perfection absolue. Pas de grandes envolées orchestrales ici, mais un sound design dynamique et lourdement oppressant qui s'adapte au moindre de vos mouvements. Chaque craquement de plancher prend une dimension terrifiante.
Comptez environ une dizaine d'heures pour boucler une première run en difficulté Standard. Les chasseurs de trophées seront d'ailleurs ravis d'apprendre qu'un succès exige de terminer le jeu en moins de 4 heures, et qu'un mode "Démentiel" se débloque à la fin pour les plus masochistes d'entre nous.
Resident Evil Requiem est disponible sur PC au prix de 69,99€, ainsi que sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2 à 79,99€.