Développé par des vétérans ayant travaillé sur The Witcher, The Blood of Dawnwalker ne cache pas vraiment ses inspirations. Pourtant, après plusieurs heures passées dans son immense monde ouvert, le RPG révèle une personnalité bien à lui. Entre une famille à sauver en 30 jours, une transformation qui bouleverse notre manière de jouer une fois la nuit tombée et des choix aux conséquences parfois importantes, cette aventure nous a particulièrement séduits malgré quelques défauts techniques et une interface qui aurait mérité davantage de simplicité.
30 jours pour sauver sa famille, pas un de plus
The Blood of Dawnwalker nous plonge dans une aventure sombre où notre personnage n’a finalement qu’un objectif , sauver sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Le jeu impose pour cela une contrainte particulièrement intéressante puisque nous disposons de seulement 30 jours pour parvenir à nos fins.
Cette mécanique nous pousse rapidement à faire des choix dans notre manière de progresser. Faut-il prendre le temps d’explorer, aider les personnages rencontrés ou se concentrer sur notre objectif principal ?
Dans notre première partie, nous avons décidé de privilégier le sauvetage de notre famille, avant de recommencer l’aventure avec l’envie de prendre davantage notre temps et de découvrir tout ce que le monde avait encore à nous offrir.
La musique et, plus généralement, tout le travail réalisé autour de l’environnement sonore participent énormément à l’immersion. Le titre installe rapidement une atmosphère sombre et pesante, peuplée de créatures, de sorcières et de personnages qui semblent rarement totalement dignes de confiance. On ressent cette volonté de nous plonger dans un univers médiéval brutal où le surnaturel fait partie du quotidien.

Des combats riches qui demandent un temps d’adaptation
Le gameplay se montre relativement riche, mais également assez complexe lors des premières heures. Les combats à l’épée ou avec les griffes demandent notamment de gérer la direction des attaques et des défenses. Il faut ainsi réagir aux coups provenant de différentes directions tout en maîtrisant ses propres offensives et ses esquives.
Le système peut paraître déroutant au départ et demande un véritable temps d’adaptation. Après quelques affrontements, les automatismes commencent néanmoins à arriver et les combats deviennent nettement plus naturels.
L’exploration réserve également son lot de découvertes. Le monde est vaste, les possibilités de récupérer du butin sont nombreuses et nos décisions occupent une place importante dans l’aventure.
Bons ou mauvais, certains choix peuvent avoir des conséquences sur la suite des événements, mais également sur nos relations avec les personnages rencontrés.

Humain le jour, prédateur la nuit
C’est probablement l’une des mécaniques qui donne le plus de personnalité à The Blood of Dawnwalker. Le jour, notre personnage reste humain et doit composer avec ses capacités et ses consommables. Lorsque la nuit tombe, la situation change radicalement et notre nature monstrueuse prend le dessus.
Notre personnage devient alors un véritable prédateur, capable de se nourrir aussi bien d’animaux que d’humains pour satisfaire sa soif de sang. Cette transformation apporte une autre manière d’aborder certaines situations, mais également une contrainte supplémentaire, résister à cette faim lorsque nos propres alliés pourraient devenir des proies particulièrement tentantes.
Cette opposition entre le jour et la nuit fonctionne particulièrement bien et contribue à donner au jeu une identité qui dépasse progressivement la comparaison évidente avec The Witcher.

Une interface qui mériterait d’être simplifiée
Tout n’est cependant pas aussi convaincant. L’interface et les différents menus nous ont régulièrement semblé inutilement complexes. Les options sont nombreuses, parfois dispersées, et il faut un certain temps avant de comprendre correctement le fonctionnement des compétences, des assignations et des différents systèmes proposés.
À plusieurs reprises, nous nous sommes retrouvés à chercher une information ou simplement à essayer de comprendre où attribuer certains éléments. Sur ce point, une interface plus claire et mieux hiérarchisée aurait permis de rendre l’expérience beaucoup plus agréable.

Un monde immense qui manque encore parfois de finition
Du côté du level design, The Blood of Dawnwalker propose un monde particulièrement vaste et agréable à explorer. La taille de la carte donne véritablement envie de quitter les chemins principaux pour découvrir ce qui se cache ailleurs, ce qui constitue évidemment un excellent point pour un RPG en monde ouvert.
Quelques détails techniques viennent toutefois régulièrement casser l’immersion. Nous avons notamment remarqué certains passages à travers des rochers ou des arbustes, ainsi que plusieurs petits problèmes de clipping. Rien qui ne remette profondément en cause l’expérience, mais ces imperfections sont suffisamment visibles pour rappeler que le niveau de finition pourrait encore être poussé plus loin.
Au final, The Blood of Dawnwalker nous a particulièrement séduits. L’héritage de The Witcher se ressent forcément, ce qui n’a rien de très surprenant lorsque l’on connaît le parcours d’une partie de l’équipe derrière le projet. Mais le titre parvient progressivement à trouver sa propre identité grâce à sa dualité entre humanité et monstruosité, son système de temps et la liberté offerte dans son monde.
Nous aurions simplement aimé davantage de réalisme et de finition dans certains environnements et aspects graphiques. Avec un niveau de détail encore supérieur et quelques imperfections techniques corrigées, The Blood of Dawnwalker aurait pu placer la barre encore plus haut.