Ce test est réalisé à l'aide d'un modèle offert par la marque
Corsair ne se contente plus de vendre juste des claviers gaming, mais propose désormais un véritable poste de commande avec le Galleon 100 SD. Entre châssis alu, switches maison MLX Pulse, montage sur joint et Stream Deck intégré, ce modèle se positionne sans complexe sur le très haut de gamme, avec un tarif qui fera autant lever les sourcils que les sourires.
Un design massif mais assumé
Visuellement, le Galleon 100 SD annonce la couleur : on est face à un clavier étendu qui occupe de la place, avec une large zone dédiée au Stream Deck, un écran LCD vertical et plusieurs molettes qui dépassent du cadre habituel du clavier gamer classique. Le châssis en aluminium noir respire le sérieux, la rigidité est exemplaire et l’ensemble dépasse allègrement le kilo, ce qui évite tout mouvement parasite en pleine partie ou en plein live.
Corsair livre un repose-poignets magnétique rembourré en mousse mémoire, recouvert de similicuir, qui s’intègre parfaitement à la ligne générale et améliore nettement le confort sur la durée. La barre lumineuse RGB d’ambiance, les touches rétroéclairées individuellement et les effets synchronisables via le Web Hub viennent compléter un tableau très “showroom CES”, mais le rendu reste assez sobre si l’on choisit des profils lumineux plus discrets.

Quand le Stream Deck se fond dans le clavier
Le cœur de la proposition du Galleon 100 SD, c’est bien sûr cette intégration complète d’un véritable Stream Deck au sein du clavier, avec 12 touches LCD personnalisables, deux molettes multifonctions et un grand écran couleur de 720×1280 pixels posé au-dessus. L’idée est simple : tout regrouper dans un unique périphérique, sans avoir à caser un pavé de macros additionnel sur le bureau ni à jongler entre plusieurs stands ou supports.
Dans les faits, les créateurs et streamers y gagnent énormément en fluidité : un profil pour OBS, un autre pour Discord, un troisième pour la prod audio, tout se déclenche au doigt et à l’œil, sans quitter la zone naturelle des mains. L’écran peut afficher la charge CPU/GPU, le chat Twitch, des timers ou simplement des visuels personnalisés, ce qui réduit drastiquement les allers-retours vers un second moniteur et permet de rester concentré sur la partie ou la scène.


Une frappe feutrée et précise, pensée pour le long cours
Sous les doigts, Corsair mise sur ses interrupteurs mécaniques MLX Pulse linéaires, pré-lubrifiés en usine, montés sur une plaque hotswap et associés à un montage sur joint accompagné de six couches d’insonorisation. Le résultat est une frappe douce, consistante et étonnamment feutrée pour un clavier RGB de cette trempe, avec un “thock” bien contrôlé et très peu de résonances de châssis même lors des rafales de frappe.
La fatigue se fait discrète, y compris lors de longues sessions d’écriture ou de stream, et le retour reste très lisible malgré la linéarité des switches. Les amateurs de custom apprécieront la compatibilité hotswap avec les switches 3 et 5 pins, ainsi que la compatibilité de la rangée principale avec la plupart des sets de keycaps aftermarket, même si les touches Stream Deck restent évidemment propriétaires. Si l’on veut être un peu plus exigeant, on regrettera l’absence de 3 ou 4 switchs MLX Pulse supplémentaire directement dans le carton. Au prix du monstre, le geste n’aurait pas été de trop.
Des performances taillées pour l’esport… avec quelques concessions pratiques
Côté performances brutes, le Galleon 100 SD ne fait pas semblant : taux d’interrogation à 8 000 Hz via la technologie AXON, anti-ghosting complet, N‑Key rollover et gestion FlashTap SOCD pour prioriser proprement les directions opposées. En jeu, cela se traduit par une réactivité irréprochable, des entrées nettes même sur les combos les plus rapides et une facilité déconcertante à enchaîner les contre-strafes dans les FPS modernes.
Un mode Jeu dédié bloque les touches indésirables, et l’enregistrement de macros à la volée permet d’affiner son setup sans repasser systématiquement par le logiciel. En revanche, le format étendu et l’absence de pavé numérique classique pourront gêner ceux qui jonglent beaucoup avec les chiffres ou le tableur, et l’occupation du bureau reste conséquente, surtout sur un setup déjà chargé.

Logiciel, personnalisation et prix : l’addition salée de la démesure
La configuration passe par le Corsair Web Hub couplé au logiciel Stream Deck d’Elgato, ce qui ouvre un terrain de jeu immense en termes de profils, de scènes, d’automatisations et d’effets lumineux. On peut assigner des fonctions système, des actions de montage, des commandes de chat, des macros complexes ou même des scripts à chaque touche LCD, le tout avec prévisualisation directe sur le clavier.
En contrepartie, la courbe d’apprentissage est réelle et certains utilisateurs se contentant d’un usage purement gaming risquent de n’exploiter qu’une fraction de ce que propose la bête. Avec un prix de 349,99 euros, le Galleon 100 SD se positionne clairement comme un produit de niche premium, pensé pour remplacer à la fois un clavier haut de gamme et un Stream Deck autonome très loin des joueurs casu.

