Ce test a été réalisé à l'aide d'un modèle envoyé par la marque
L’Epomaker TH108 équipé de Sea Salt Silent Switch se présente comme un clavier mécanique plein format pensé pour les joueurs… qui partagent leur salon ou leur open‑space. Full size, tri‑mode (USB‑C, Bluetooth, 2,4 GHz) et monté sur gasket avec une généreuse couche de mousses internes, il promet une frappe douce, bien amortie, et surtout extrêmement discrète, sans sacrifier la réactivité en jeu.
Entre sa batterie massive de 8000 mAh, ses switchs linéaires silencieux pré‑lubrifiés et son PCB hot‑swap, le TH108 coche presque toutes les cases du “custom clé en main”, quitte à traîner quelques casseroles côté logiciel et finitions premium.
Une silhouette sage, un cœur de custom
Visuellement, le TH108 joue la carte du clavier de bureau sérieux : châssis en plastique épais dépassant les 1,2 kg, keycaps PBT double‑shot aux légendes durables et RGB relativement contenu, plus adapté à un bureau qu’à une discothèque. Le format 108 touches garde pavé numérique, touches de fonction et flèches dédiées, ce qui le rend immédiatement familier, que ce soit pour l’Excel de la journée ou le FPS du soir.
Sous ce look très sage se cache une mécanique étonnamment travaillée pour ce segment de prix : montage gasket, cinq couches de mousses (foam sandwich, pad IXPE, PET, mousse autour des sockets, silicone de fond) viennent lisser les résonances et donner à la frappe un caractère “crémeux”, plus feutré qu’un clavier gaming standard. Le résultat est une signature sonore mate, contenue, qui se marie parfaitement avec la vocation silencieuse des Sea Salt.

Sea Salt Silent : le murmure linéaire
Les Sea Salt Silent sont des interrupteurs linéaires silencieux 5 broches, tige en POM et coques en PC/nylon, pensés pour réduire drastiquement le bruit sans tomber dans la mollesse de certains modèles amortis à outrance. L’activation tourne autour de 45–47 g, avec un point d’actuation court et une course totale de 3,8 mm, ce qui donne un ressenti léger, très facile à enchaîner, notamment en jeu ou en frappe rapide.
Leur particularité est de calmer le son tout en conservant une frappe nette : le bottom‑out reste caoutchouteux et feutré, mais sans sensation de “mousse” typique des switches silencieux plus radicaux. Sur le TH108, combinés aux mousses internes, ces Sea Salt Silent rendent le clavier largement plus discret qu’un montage à base de classiques Cherry MX Red, même si les grandes touches comme la barre espace conservent un peu de présence sonore.

Entre arène compétitive et open‑space
Sur le terrain, le TH108 assume sans complexe sa double vie : bureautique la journée, gaming le soir. En USB ou en 2,4 GHz, on profite d’un polling à 1000 Hz et d’une latence annoncée autour de 2 ms, largement suffisant pour du multigaming en tout genre, tandis que le Bluetooth, limité à 125 Hz, sera plutôt réservé au confort multi‑appareils.
La frappe, légère et silencieuse, limite la fatigue sur les longues sessions et rend parfaitement compatible une partie tardive avec une personne qui dort dans la pièce d’à côté. En contrepartie, ceux qui aiment un retour plus marqué ou des switchs plus lourds pourront trouver l’ensemble un peu trop “smooth” et manquer de feedback, même si le PCB hot‑swap laisse la porte ouverte à des expérimentations plus musclées.
Autonomie de marathon, logiciel à la traîne
La grosse batterie de 8000 mAh permet au TH108 de tenir des dizaines d’heures en sans‑fil, même avec le RGB actif, ce qui en fait un compagnon très endurant pour un poste de travail hybride ou un setup de salon. Le passage d’un mode à l’autre reste simple, et le clavier se montre stable en 2,4 GHz, y compris lors de sessions de jeu prolongées.
Le tableau est en revanche moins flatteur dès qu’il s’agit de plonger dans le logiciel dédié : l’interface est un poil confuse, limitée et parfois capricieuse pour la gestion des macros et des profils, au point que certains préfèreront s’en tenir aux raccourcis matériels. On regrette aussi l’absence de sets de keycaps alternatifs pour Mac et quelques détails de finition comme les pieds peu adhérents sur certains bureaux, qui tranchent avec l’ambition globale du produit.

