Test réalisé à l'aide d'un produit prêté par REDMAGIC
Le RedMagic 11 Pro n'est pas un smartphone que l'on choisit par hasard ou par simple curiosité technologique. C'est une véritable déclaration d'intention, un objet clivant qui délaisse volontairement la polyvalence pour viser l'excellence dans un seul domaine : la performance pure. Reçu directement de la part de la marque pour un test longue durée, j'ai passé six semaines à mettre à l'épreuve ce monstre de puissance, ici testé dans sa version équipée de 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, dans toutes les conditions possibles. Reste à savoir s’il s’agit du compagnon ultime pour les joueurs ou un appareil trop spécialisé pour le commun des mortels ?
Design et Ergonomie : L’esthétique du matériel brut
Dès l'ouverture de la boîte, le RedMagic 11 Pro impose son style et son gabarit. Avec 237g sur la balance, c'est un bel objet, dense et massif, qui se fait immédiatement remarquer. Pourtant, à l'usage, la répartition du poids est si bien équilibrée que la fatigue ne s'installe pas, même lors de sessions prolongées.
L'un des points majeurs à souligner est son dos plat, une rareté absolue en 2026. L'intégration du module photo est telle que le téléphone repose parfaitement à plat sur une table. C'est un plaisir simple, mais devenu si rare qu'il mérite d'être salué, car il élimine ce basculement irritant propre à la quasi-totalité de la concurrence actuelle.
Le design est une réussite totale pour quiconque aime la technologie apparente. Le dos en verre laisse apparaître le système de refroidissement liquide, et je dois avouer que regarder le fluide circuler à l'intérieur est presque hypnotisant. C’est un côté "m’as-tu-vu" totalement assumé, mais redoutablement efficace.
Il faudra noter que cette esthétique a un prix : le verre est une véritable savonnette et un aimant à traces de doigts qui demande un entretien constant. Si la coque fournie offre un grip rassurant et agréable en main, elle a le défaut de masquer légèrement cette ingéniosité.
Pour ce qui est de sa taille, c'est un téléphone relativement grand (163,82 mm de hauteur pour 76,54 mm de largeur) qui ne conviendra probablement pas aux petites mains. Son format très angulaire lui donne un côté "brique" et mastodonte, surtout avec une épaisseur record de 8,9 mm. Pour autant, il réussit le tour de force de se glisser facilement dans une poche sans trop de souci, malgré son gabarit imposant.
L'appareil est également équipé d'un système RGB. Même si, au premier abord, il peut paraître gadget ou anecdotique, un détail astucieux vient sauver cet aspect : les LEDs peuvent être configurées pour afficher les notifications reçues. C'est une idée brillante qui transforme un simple apparat gaming en un véritable outil utilitaire au quotidien.

Le Système de Refroidissement : Le secret de la stabilité
Au lieu d'éparpiller les détails techniques, il est essentiel de s'arrêter sur ce qui constitue l'âme de cet appareil : son système de refroidissement thermique. C'est ici que RedMagic prend une avance considérable sur le reste du marché.
Le téléphone embarque un ventilateur interne capable de grimper à une vitesse vertigineuse de 24 000 RPM, couplé à une véritable boucle de watercooling visible. Ce système garantit un refroidissement extrêmement rapide des composants internes, mais il demande quelques concessions sur le plan sonore.
En mode équilibré, le ventilateur offre un excellent compromis entre discrétion et efficacité, se faisant presque oublier. Mais dès que l'on passe en mode de refroidissement rapide ou que le système tourne à plein régime, le sifflement devient notable. Dans un environnement silencieux, et plus particulièrement la nuit, la discrétion n'est clairement pas au rendez-vous.
Cette technologie trouve une utilité majeure au-delà du jeu : elle s'active durant la charge. Que ce soit en filaire ou par induction, le refroidissement permet de dissiper la chaleur générée par les 80 W de puissance. C'est, pour moi, un point fort essentiel car cela protège la durée de vie de la batterie de 7 500 mAh en évitant les dégradations thermiques habituelles lors des charges rapides.
Performances et Benchmarks : Un prédateur en liberté
C’est sur le terrain de la puissance brute que le RedMagic 11 Pro humilie littéralement la concurrence. Équipé du Snapdragon 8 Elite Gen 5 et de ses 16 Go de RAM, j'ai voulu vérifier si le refroidissement liquide changeait réellement la donne via la suite logicielle 3DMark.
Les résultats sur Wild Life Extreme sont sans appel avec un score de 7 789 points et une moyenne de 46,65 FPS, le tout en maintenant une température glaciale entre 36 et 37°C.
Pour pousser l'appareil dans ses derniers retranchements, j'ai lancé un stress test intensif de 20 boucles. La meilleure boucle est montée à 7 798 points tandis que la pire s'est stabilisée à 6 363, affichant une stabilité de 81,6 %. C'est un résultat exceptionnel, surtout quand on sait que la plupart des flagships "classiques" s'écroulent sous les 60 % de leurs capacités pour éviter la surchauffe.
Durant cette demi-heure de torture, le frame rate oscillait entre 26 et 56 FPS avec une température maximale de 58°C en pic extrême. Plus impressionnant encore, la batterie n'est passée que de 92 % à 74 %, soit une perte de seulement 18 % pour un usage poussé à son paroxysme.


En jeu réel, sur des titres comme Genshin Impact ou Honkai Star Rail avec tous les paramètres graphiques au maximum, l'expérience est identique à celle d'un PC. Aucun lag, aucun compromis de puissance, tout est là pour rendre la sensation de gameplay hyper prenante.
J'ai également poussé le test avec Gamehub, la solution permettant de lancer nativement ses jeux Steam. La fluidité est au rendez-vous, la latence est quasi imperceptible et, de manière assez surprenante, cela ne fait pas fondre la batterie plus qu'une session de jeu classique.
Immersion et Optimisation Logicielle
L'écran joue un rôle prépondérant dans cette immersion. Avec une diagonale de 6,85 pouces occupant 95,3 % de la face avant, la dalle couvre la quasi-entièreté de l'appareil. En faisant cavalier seul avec sa technologie de caméra frontale totalement invisible sous la dalle, RedMagic propose un résultat bluffant de propreté, aussi bien lors de vos sessions de jeu que pour le visionnage de vos séries préférées.
La dalle propose une résolution de 2688x1216, ce qui est inférieur à certains concurrents, mais ce choix est stratégique. En limitant légèrement la définition, le téléphone économise une puissance de calcul précieuse, ce qui favorise la fluidité à 144 Hz et la stabilité thermique. On ne perçoit aucune perte de netteté à l'œil nu, mais on ressent immédiatement la réactivité du système.
Le RedMagic OS complète cette expérience avec une profondeur de réglage phénoménale. Le switch physique permet de basculer vers un mode gaming où tout est personnalisable rendu possible grâce au Redmagic GameSpace : gestion des notifications pour un focus total, optimisation des effets visuels, ou encore configuration des gâchettes sensitives. Ces dernières, associées à un retour haptique bluffant de réalisme, offrent des sensations proches des manettes de dernière génération.
Trois modes de performance sont disponibles : Eco pour l'endurance, Balance pour l'équilibre et Rise pour la pleine puissance. Il existe un 4e mode, le mode Diablo, qui permet de pousser à l'extrême la puissance de l'appareil, mais il n'apporte pas de différence significative en terme de puissance brute par rapport au mode Rise, et a plutôt tendence à faire chauffer l'appareil plus qui ne le devrait, un mode anecdotique en somme surtout que le Rise suffit à lui seul à faire tourner vos jeux sans le moindre problème. Le système procède même à un nettoyage automatique du cache et de la RAM au lancement des jeux pour garantir que chaque ressource soit au service du gameplay.
Tout n'est pas non plus parfait côté logiciel. L'assistant IA Mora reste un ajout très anecdotique. Bien qu'il soit possible d'interagir avec cette intelligence artificielle, les fonctionnalités sont extrêmement limitées et on sent un manque de maturité pour le marché occidental. C'est un gadget qui n'atteint malheureusement pas la profondeur des autres outils d'optimisation de l'appareil.


Le Revers de la Médaille : Photo, Audio et Quotidien
Si la performance est le sommet de cet appareil, la photographie en est clairement la bête noire. En mode automatique, l'expérience est frustrante et aléatoire. La balance des blancs est capricieuse et l'algorithme a tendance à trop lisser les textures pour supprimer le bruit, faisant perdre toute authenticité aux clichés.
En journée, les photos restent correctes, mais les portraits semblent trop retouchés par l'algorithme, même en désactivant les options d'IA. On est ici très en dessous de la qualité moyenne des téléphones de cette gamme de prix.
Côté audio, le bilan est tout aussi mitigé. Les haut-parleurs saturent dans les aigus à haut volume et l'absence de Dolby Atmos rend l'écoute en Bluetooth assez brouillonne. Heureusement, le RedMagic 11 Pro conserve une prise Jack 3,5 mm. C'est le seul moyen de profiter d'une expérience sonore de qualité sans latence, permettant même de désactiver le Bluetooth pour économiser de la batterie.
Quelques détails ternissent la vie quotidienne. Si le capteur d'empreintes est excellent, la reconnaissance faciale de nuit est une véritable épreuve : le téléphone pousse la luminosité de l'écran au maximum pour vous identifier, vous éblouissant violemment. Malgré la présence du Wi-Fi 7, j'ai subi plusieurs micro-pertes de connexion inexpliquées, là où mes autres appareils restaient parfaitement stables.






À gauche, les clichés prit en mode automatique, et à droite, les clichés prit en mode manuelle
