Test réalisé à l'aide d'un modèle offert par SteelSeries
Avec la Rival Pro, SteelSeries ne se contente pas de rafraîchir une gamme mythique : la marque abandonne le 2,4 GHz pour l’Ultra Wideband, troque le port USB-C contre deux batteries interchangeables et propose une ergonomie de 53g taillée pour la palm grip. Une approche audacieuse, à 199,99 €, qui vise directement le sommet du marché des souris compétitives.
Une silhouette pensée pour la paume
Après des années à voir défiler des coques symétriques, universelles et souvent impersonnelles, la Rival Pro assume enfin une identité : celle d’une souris ergonomique pour droitiers. Avec ses 125,7 x 68,2 x 42,2 mm (par ailleurs un format “mini” existe pour les mains les moins imposantes, une idée qu’on adore), elle rappelle volontairement la Prime Wireless, avec un dos haut et incliné qui accueille naturellement toute la paume. Ce n’est pas une coque neutre pour tout le monde : c’est une souris dessinée pour ceux qui posent réellement la main dessus, plutôt que pour les joueurs en claw agressif ou en fingertip.
Le résultat est immédiatement convaincant. En palm prise, la Rival Pro disparaît littéralement sous la main : le soutien dorsal est généreux, les flancs sont assez verticaux pour garantir une prise ferme, et les 53g paraissent presque irréels au regard du volume. SteelSeries évite les perforations façon nid d’abeille, ce qui donne une construction pleine, dense et bien plus agréable à manipuler que certains modèles ultra légers. Les deux boutons latéraux tombent pile sous le pouce, sans avoir à contorsionner le doigt ni risquer un déclenchement accidentel.

Une liaison sans fil qui change la donne
Le vrai pari de SteelSeries se cache sous la souris : plutôt que de rester sur le 2,4 GHz, la Rival Pro communique avec sa station via de l’Ultra Wideband, entre 6,4 et 9,056 GHz. L’idée n’est pas seulement marketing : cette bande offre une bande passante bien supérieure et se montre nettement moins sensible aux interférences des périphériques sans fil qui encombrent le 2,4 GHz. En pratique, la connexion s’est montrée d’une stabilité remarquable, sans microcoupures ni à-coups, même dans des environnements sans fil chargés.
Le capteur TrueMove 42K Pro, dérivé du PixArt PAW3955, monte à 42 000 DPI, 800 IPS et 70 G d’accélération, avec un polling pouvant atteindre 8 000 Hz. Les chiffres sont excellents, même si les derniers fleurons de Logitech ou Razer poussent parfois un cran plus loin sur le papier ; dans le jeu, la différence est imperceptible. Les flicks sont nets, le suivi reste parfaitement linéaire lors des mouvements rapides, et la distance de décollage réglable de 0,7 à 1,7 mm permet d’affiner le comportement selon son tapis et sa prise en main.

Des batteries, pas un câble
C’est sans doute le choix le plus clivant de la Rival Pro : il n’y a tout simplement pas de port de charge. À la place, deux batteries-pucks de 310 mAh se vissent sous la souris, tandis que la station récepteur sert aussi de chargeur pour la seconde. Lorsque l’une faiblit, on la remplace en quelques secondes et la souris se reconnecte aussitôt. Comptez jusqu’à 16 heures par batterie en 8K, ou 60 heures à 1 000 Hz, soit respectivement 32 et 120 heures avec les deux palets.
C’est un système qui supprime réellement l’angoisse de la batterie : on ne branche plus la souris, on échange simplement son réservoir d’énergie. Par ailleurs, ce système de “batterie infinie” est en train de devenir une véritable signature de SteelSeries puisqu’on retrouve notamment ce dernier sur la manette Aeon Pro ainsi que les casques Arctis Nova Pro et Arctis Nova Elite, tous testés dans nos colonnes. En revanche, le mécanisme de verrouillage par rotation n’est pas des plus élégants, et l’absence totale de câble devient un risque en cas de panne de la station ou de souci de firmware. SteelSeries compense en partie avec le logiciel GG, complet et plutôt bien pensé, qui permet notamment de dissocier le polling du capteur de celui des clics afin de préserver les performances sans vider la batterie.
