Faire noter ses cartes Pokémon sans vendre un rein ? Ce ne sera plus possible avant un moment. PSA, le géant mondial de la certification, suspend temporairement son offre la plus abordable après avoir été submergé par des millions de demandes. Entre explosion de la spéculation, retards monstrueux et hausse brutale des prix, le marché des cartes Pokémon vient peut-être de prendre un sérieux coup de frein.

 

PSA croule sous les cartes Pokémon et coupe temporairement les options les moins chères

Chez PSA, les machines tournent déjà à plein régime… mais visiblement, cela ne suffit plus.

L’entreprise américaine spécialisée dans la certification de cartes à collectionner a annoncé la suspension temporaire de ses quatre niveaux de service les plus populaires : Value Bulk, Value, Value Plus et Value Max. Depuis le 2 juin 2026, il n’est donc plus possible d’envoyer de nouvelles cartes via ces formules accessibles qui faisaient le bonheur des collectionneurs au budget serré.

Pourquoi une mesure aussi radicale ? Parce que le marché Pokémon ressemble désormais à un Dracaufeu incontrôlable.

Le 14 mai dernier, PSA avait pourtant annoncé un investissement massif dans ses infrastructures et une meilleure organisation des délais de traitement. Sauf qu’au lieu de calmer la situation, cette annonce a déclenché un effet inverse : les collectionneurs ont envoyé encore plus de cartes.

Résultat, les soumissions ont bondi de 20 % en quelques semaines, ajoutant environ 1,6 million de cartes supplémentaires à un arriéré déjà colossal qui frôle désormais les 10 millions d’unités.

 

Image cartes Pokemon PSA

 

Un embouteillage XXL malgré des capacités multipliées par cinq

Sur le papier, PSA n’est pourtant pas resté les bras croisés.

Depuis 2021, sa capacité de traitement aurait été multipliée par cinq, avec des volumes quotidiens de notation à des niveaux records. L’entreprise affirme avoir investi massivement pour agrandir ses infrastructures, moderniser ses outils et recruter davantage.

Mais même avec cette montée en puissance, continuer à accepter des cartes à ce rythme risquait de ralentir encore davantage les dossiers déjà en attente.

Autrement dit : si PSA continuait d’empiler des Pikachu, Dracaufeu et Évoli par millions, les collectionneurs auraient probablement fini par récupérer leurs cartes à la retraite.

Pour éviter une situation encore plus chaotique, l’entreprise préfère temporairement fermer les vannes des offres les plus demandées et concentrer ses efforts sur les cartes déjà reçues.

 

Faire certifier une carte Pokémon devient un luxe

Cette suspension change aussi la donne pour les collectionneurs.

Les services d’entrée de gamme étant désormais gelés, seuls les niveaux supérieurs restent disponibles : Régulier, Express, Super Express ou encore les accès premium.

Et forcément, les prix grimpent rapidement.

Le ticket d’entrée débute désormais autour de 79,99 dollars par carte, tandis que les services accélérés dépassent facilement les 149 dollars. Les offres les plus premium peuvent même atteindre près de 600 dollars pour une prise en charge prioritaire.

Autant dire qu’avant d’envoyer une carte trouvée au fond d’un vieux classeur, beaucoup vont désormais sortir la calculatrice.

L’objectif est clair : limiter les envois massifs de cartes de faible valeur afin de désengorger un système déjà saturé.

 

Image cartes Pokemon PSA

 

Les délais PSA s’allongent aussi pour certains services

Même les services encore disponibles ne sortent pas totalement indemnes de cette crise logistique.

PSA annonce un allongement temporaire des délais de traitement pour certaines prestations standard. Le service classique passe désormais à une estimation comprise entre 40 et 50 jours, tandis que l’authentification à double service peut grimper jusqu’à 50 à 60 jours.

Une conséquence directe d’un arriéré qui impacte toute la chaîne de traitement, depuis la réception des colis jusqu’à l’expédition finale.

La bonne nouvelle malgré tout : les cartes déjà envoyées continueront d’être traitées selon les délais initialement annoncés.

 

PSA promet un retour progressif de ses services Pokémon

Pas question toutefois de fermer définitivement les niveaux Value.

PSA explique vouloir rouvrir ces formules uniquement lorsque la situation sera redevenue gérable. L’objectif affiché est ambitieux : ramener le volume de cartes en attente autour de 5 millions d’unités dans un délai pouvant aller jusqu’à quatre mois.

Pour rassurer les collectionneurs, un suivi mensuel public du carnet de commandes doit permettre de surveiller l’évolution de la situation.

L’entreprise annonce aussi une compensation pour certains abonnés : les membres du Collectors Club actifs au 14 mai 2026 verront leur adhésion prolongée gratuitement pendant toute la durée de la suspension du service Value Bulk.

 

Pokémon, spéculation et millions de cartes : le marché arrive-t-il à saturation ?

Derrière cette décision se cache une réalité plus large : la folie Pokémon semble avoir atteint un niveau difficilement soutenable.

Entre les spéculateurs qui espèrent décrocher un précieux PSA 10, les revendeurs ultra-agressifs et la multiplication des extensions, le marché tourne à plein régime depuis plusieurs années.

PSA assure poursuivre son investissement de 200 millions de dollars dans ses infrastructures et dans des outils logistiques dopés à l’apprentissage automatique afin d’accélérer le traitement des cartes.

Mais une question demeure : cette hausse des coûts et cette fermeture temporaire ne vont-elles pas pousser une partie des collectionneurs vers des concurrents ?

Une chose paraît sûre : quand un Pikachu suffit à provoquer une crise industrielle de plusieurs millions de cartes, Pokémon reste définitivement dans une catégorie à part.

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