Prévisualisation réalisée à l'aide d'une clé offerte par le studio
Prévue pour l'été 2026 sur toutes les consoles et PC, la nouvelle production de Red Raketa Studio et New Tales, Kalanoro, s'annonce comme une bouffée d'air frais et de "chaos joyeux". Ce titre d'action-aventure nous transporte sur l'île de Lémuria pour une épopée colorée qui puise sa force dans le folklore malgache. Entre plateforme effrénée, combats capillaires et gestion de groupe de musique, le jeu semble vouloir célébrer la culture de Madagascar avec une générosité débordante, portée par une direction artistique artisanale et une bande-son qui promet déjà de faire vibrer nos manettes.
Un scénario entre prophétie et rock’n’roll
L'intrigue nous place aux commandes de Kalakely, une petite héroïne du peuple Kalanoro, créatures légendaires de Madagascar. Désignée par une prophétie pour le moins douteuse, elle se retrouve investie d'une mission de haute importance : renverser la sorcière Raneny. Cette dernière dirige Lémuria d'une main de fer et a eu l'idée farfelue d'organiser un concert géant à sa propre gloire. Pour contrer cette tyrannie, Kalakely doit parcourir l'île afin de recruter les meilleurs artistes locaux, monter le groupe de musique ultime et saboter les plans de la sorcière, un concert à la fois.

Kalakely en action sur scène avec son groupe, déjà en train de conquérir son public.
Savates, poêles à frire et pouvoirs capillaires
Le gameplay de Kalanoro repose sur un mélange de genres audacieux où le mouvement est roi. Les niveaux, entièrement conçus à la main, mettent l'accent sur le momentum et la fluidité des déplacements au milieu de nombreux pièges industriels. Pour se défendre, notre petite héroïne utilise ses propres cheveux comme une arme mystique, mais elle n'hésite pas non plus à se saisir d'objets du quotidien comme des claquettes ou des poêles à frire. Cette approche décalée se retrouve jusque dans les combats de boss, qui misent sur une mise en scène théâtrale et rythmée, renforçant l'aspect spectaculaire de cette rébellion musicale.

On la voit ici propulser sa chevelure tel un fouet pour attraper ses adversaires à distance.
La vie de tournée à bord du Taxi-Brousse
Au-delà de l'action pure, une grande partie de l'aventure se déroule à bord d'un vieux taxi-brousse rouillé qui fait office de quartier général mobile. C’est ici que Kalakely gère la cohésion de son groupe en sauvant des lémuriens artistes excentriques au fil de ses rencontres. Le joueur doit veiller au bonheur de la troupe à travers divers mini-jeux et moments de partage, car plus la popularité du groupe augmente, plus l'énergie collective nécessaire pour renverser Raneny devient puissante. C'est ce mélange de gestion humaine et de progression artistique qui donne au titre son cœur émotionnel.

Un aperçu des échanges chaleureux à bord du taxi-brousse, où l'on tisse des liens avec les nouveaux membres du groupe.
Une lettre d'amour à la culture malgache
L'identité visuelle et sonore de Kalanoro constitue sans doute son plus grand atout. Développé par une équipe basée à Madagascar, le jeu utilise l'Unreal Engine pour sublimer des graphismes dessinés à la main qui rendent hommage à la culture et aux paysages de la Grande Île. Cette immersion culturelle est portée par une bande-son authentique intégrant des artistes malgaches de renom tels que Denise, Jyeuhair et Marco Klarck. Le résultat est une œuvre moderne et vibrante qui offre une perspective culturelle trop rarement mise en avant dans l'industrie du jeu vidéo.

Le chauffeur du taxi-brousse incarne parfaitement ce mélange de tradition et de modernité décalée.
Un gameplay solide malgré les imperfections de jeunesse
Dès les premières minutes, le jeu séduit par une prise en main immédiate et un gameplay particulièrement satisfaisant qui saura parler à tous les profils. Les complétistes prendront plaisir à fouiller chaque recoin pour dénicher les objets cachés, tandis que les amateurs de vitesse et de dynamisme trouveront dans le game design une liberté de mouvement propice au speedrun. Cette fluidité globale rend l'exploration de la démo très intrigante et donne envie d'en voir davantage dans la version finale.
Tout n'est cependant pas encore parfait. On peut noter quelques soucis mineurs, notamment un curseur de sélection de niveau un peu lent ou des interactions contextuelles qui peinent parfois à se déclencher correctement. Néanmoins, il est important de rappeler qu'il s'agit d'une version de démonstration. Ces quelques points de friction n'entachent en rien la qualité de la proposition artistique et la solidité de l'expérience globale. Avec les phases de polissage et les correctifs de « quality of life » attendus pour la sortie, Kalanoro a tout d'une future pépite.

