Développé par le studio polonais Corpix Games en collaboration avec PlayWay S.A., et sorti officiellement sur Steam le vendredi 16 janvier 2026, Moving Simulator, comme son nom l’indique, est un simulateur de déménagement. Le test a été réalisé sur PC, au clavier-souris.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous tenons à remercier Keymailer ainsi que les développeurs pour nous avoir confié les clés de notre toute nouvelle entreprise de déménagement. Une belle opportunité… encore fallait-il réussir à la faire prospérer.
Montez votre entreprise pour vous offrir des vacances
Dans Moving Simulator, vous incarnez un jeune patron fraîchement lancé dans le monde impitoyable du déménagement. L’objectif est simple sur le papier : accepter des contrats, générer du profit et, à terme, quitter votre vie actuelle pour déménager à l’étranger et prendre un nouveau départ.
Le cœur du jeu repose sur une boucle très classique du simulateur de déménagement. Il faut acheter des cartons, consulter les appels d’offres via l'ordinateur, puis se rendre chez les clients pour emballer, transporter et livrer leurs biens dans leur nouvelle maison. Chaque mission, et ses scénarios un peu dingues (fantôme, alien) est une nouvelle occasion de rentabiliser votre activité, tout en apprenant à optimiser vos trajets, vos dépenses et votre façon de charger le camion.

Une prise en main immédiate
Dès les premières minutes, Moving Simulator se montre très accessible. La prise en main est simple, intuitive, avec peu de touches à mémoriser. Le jeu ne fait pas perdre de temps au joueur et l’amène rapidement au cœur de l’action, ce qui est appréciable.
Cependant, cette accessibilité vire rapidement à une permissivité excessive. Il est possible d’attraper de très gros meubles pour les faire glisser péniblement au sol… ou tout simplement de les soulever et de les faire passer à travers les murs. Une option pratique, certes, mais qui dénature complètement l’essence même du jeu. Un simulateur de déménagement devrait justement pousser le joueur à réfléchir à la meilleure manière de déplacer un canapé dans un couloir trop étroit, pas à ignorer les contraintes physiques.

Que valent les graphismes de Moving Simulator ?
Visuellement, Moving Simulator reste très en retrait par rapport à d’autres titres du genre comme Deconstruction Simulator. Les graphismes sont simplistes, parfois fades, et globalement assez banals. Les environnements manquent de détails marquants et les intérieurs se ressemblent beaucoup, avec énormément de vide.
Cela dit, le jeu remplit malgré tout sa mission. Les graphismes servent le gameplay sans chercher à impressionner, et dans le cadre d’un simulateur de déménagement, on n’en demande finalement pas beaucoup plus. Les modèles de camions sont classiques, sans folie particulière, tandis que les textures des objets sont correctes. On notera toutefois que les phares des véhicules sont presque inutiles, tant la nuit ne gêne pas la visibilité.

Un gameplay solide sur le papier, frustrant dans l’exécution
Les mécaniques de jeu de Moving Simulator montrent de bonnes idées, mais souffrent d’un manque de cohérence globale. La conduite des camions est rigide, sans être catastrophique, et reste acceptable pour un jeu de cette envergure. Là où le jeu brille réellement, c’est dans ses mécaniques de packing. Il ne suffit pas de remplir un carton, il faut aussi surveiller son poids. Un carton trop chargé peut céder, laissant tomber son contenu au sol. Les objets fragiles, comme les assiettes, peuvent se casser, et les dégâts sont directement déduits de votre fiche de paie. Une excellente idée qui renforce l’aspect gestion.
Malheureusement, cette profondeur est sabotée par certaines libertés absurdes. Pouvoir soulever les meubles et les faire traverser les murs rend inutiles des outils pourtant intéressants comme le diable, vendu à un prix exorbitant (300€ rien que ça). De la même manière, le jeu recommande presque toujours des camions trop grands pour la charge réelle des missions. Même les contrats les plus avancés peuvent être réalisés avec le plus petit véhicule, rendant les modèles supérieurs totalement anecdotiques.
Les dialogues, quant à eux, sont limités et n’apportent que peu de choses à l’expérience. Les quêtes annexes de recherche d’objets rares ajoutent un léger plus, mais restent trop discrètes pour réellement renouveler l’intérêt.

Quand la flemme prend le dessus
Au fil des missions, un comportement s’installe naturellement. Pour aller plus vite, on commence à négliger les affaires des clients. Les cartons sont jetés dans les escaliers, les écrans plats balancés sans ménagement, et le camion devient un véritable dépotoir.
Le jeu devrait clairement sanctionner ce type de comportement. Rendre les objets plus fragiles ou activer une option d’endommagement des meubles pousserait le joueur à être plus méthodique. À force, Moving Simulator permet de mieux comprendre le comportement des vrais déménageurs...
Cependant, la gestion des cartons offre un peu de tension. Oublier d’en acheter avant une mission entraîne des prix plus élevés une fois sur place. Une bonne idée, même si l’on aurait aimé plus de situations imprévues, comme des clients malhonnêtes ou des volumes sous-estimés, forçant à changer de camion et à revoir toute sa stratégie une fois sur place.

Une durée de vie qui laisse un goût de démo
Avec seulement huit missions principales, complétées en moins de trois heures, la durée de vie actuelle de Moving Simulator est clairement insuffisante. Les nombreux allers-retours allongent artificiellement l’expérience, sans réellement enrichir le gameplay. Le potentiel est pourtant là. Les différentes tailles de camions, la tablette de gestion des missions et certaines mécaniques laissent penser à un jeu bien plus ambitieux. Pourtant, manette en main, on a surtout l’impression d’être face à une version d’essai.
Le trailer montre d’ailleurs des interactions et des objets absents du jeu final, ce qui interroge. Contenu coupé ou prévu pour de futures mises à jour ? Difficile à dire, mais on espère sincèrement que le suivi viendra corriger le tir.

Rien n’est perdu pour autant
Malgré ses défauts, Moving Simulator peut encore évoluer dans le bon sens. La communauté ne devrait pas tarder à réclamer davantage de missions, car huit contrats principaux, c’est bien trop peu pour un simulateur de déménagement. Les défis liés aux succès Steam sont une bonne base, mais gagneraient à être plus nombreux et plus déjantés.
Finalement, le monde manque cruellement de vie, avec des PNJ trop figés et des environnements peu dynamiques. Le jeu devrait assumer davantage ses mécaniques en pénalisant plus sévèrement les erreurs et les comportements expéditifs. C’est à ce prix que Moving Simulator pourrait réellement se démarquer, et on lui souhaite.
