La 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles a basculé dans l'histoire ce dimanche 1er février 2026. En remportant le prix prestigieux de l'album de l'année pour son opus Debi Tirar Mas Fotos, le chanteur portoricain Bad Bunny devient le premier artiste récompensé dans cette catégorie majeure pour un disque intégralement en espagnol. Au-delà de la performance musicale, la soirée a été marquée par une prise de parole politique d'une rare intensité concernant la gestion de l'immigration aux États-Unis.

 

Un doublé historique pour la culture latine

L'artiste de 31 ans n'est pas reparti avec un seul trophée sous le bras. Outre la récompense suprême de l'album de l'année, il a également raflé le prix de la meilleure musique latine urbaine. Ce succès valide une stratégie artistique audacieuse où les rythmes traditionnels de Porto Rico se mêlent à des textes profonds.

Dans son album, Bad Bunny explore des thématiques complexes comme la colonisation de son île natale, territoire sous juridiction américaine depuis 1898. Cette victoire aux Grammy Awards prouve que la barrière de la langue n'est plus un obstacle pour dominer l'industrie musicale mondiale, imposant la culture hispanique au sommet du divertissement.

 

 

Un discours engagé contre les services d'immigration

Le moment le plus fort de la soirée est survenu lors des remerciements. Loin de se contenter de gratitude habituelle, le chanteur a profité de la tribune mondiale offerte par la cérémonie à Los Angeles pour s'attaquer frontalement à la police américaine de l'immigration, l'organisme connu sous l'acronyme ICE.

L'artiste a appelé avec fermeté à mettre dehors ces services, livrant un plaidoyer vibrant pour la dignité humaine.

« Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes américains », a lancé Bad Bunny devant une assemblée conquise.

Il a conclu son intervention en exhortant le public et les téléspectateurs à ne pas se laisser contaminer par la haine ambiante.

 

Une victoire symbolique pour l'industrie musicale

Ce sacre représente bien plus qu'une simple ligne sur un palmarès. En choisissant de couronner un album en espagnol, l'Académie reconnaît enfin le poids économique et culturel massif des artistes latinos. Jusqu'ici, ces derniers étaient souvent cantonnés aux catégories secondaires, malgré des chiffres de streaming vertigineux qui font pâlir les stars de la pop anglophone.

L'impact de cet événement se fera ressentir sur les prochaines productions. On peut s'attendre à une accélération des collaborations internationales et à une mise en avant accrue des sonorités caribéennes dans les playlists mondiales. Bad Bunny n'est plus seulement un phénomène de mode, il est désormais le visage d'une industrie qui assume sa diversité et ses racines.

 

image du chanteur Bad Bunny

 

Quel avenir pour Bad Bunny après ce sommet ?

Après avoir atteint le toit du monde avec cet album, la question de la suite de sa carrière se pose. Entre ses engagements politiques de plus en plus marqués et sa domination des classements, l'artiste semble vouloir utiliser sa notoriété pour porter des messages de justice sociale.

Il est par ailleurs l’artiste du Super Bowl 2026, chargé d’assurer le Half-Time Show, succédant ainsi au célèbre Kendrick Lamar, qui s’était produit l’année dernière.

 

Source : france24.com