Coup de tonnerre pour Brawl Stars. La justice française a estimé que Sprout, appelé Wally dans la procédure, reproduisait les caractéristiques d’un purificateur d’air créé par le designer français U. X. Supercell a été condamné pour contrefaçon de droits d’auteur et devra verser au moins 330 000 euros, tout en retirant certaines versions du personnage en France.
La justice considère que Sprout reprend le design du purificateur Andrea
L'affaire trouve son origine dans un objet de design baptisé Andrea, un purificateur d'air commercialisé dès 2009. Son créateur reprochait à Supercell d'avoir utilisé son œuvre comme base visuelle pour concevoir Sprout dans Brawl Stars sans aucune autorisation.
Après plusieurs années de procédure, le tribunal judiciaire de Paris a donné raison au designer. Les juges ont estimé que le purificateur Andrea constituait bien une œuvre originale protégée par le droit d'auteur et que les similitudes avec Sprout dépassaient largement la simple inspiration.
Dans sa décision, le tribunal souligne notamment la forme générale cylindrique, la séparation diagonale entre les deux parties du corps, la présence d'un végétal visible, du système de ventilation et l'agencement global rappelant directement le purificateur d'air.
Pourquoi Sprout a été reconnu comme une contrefaçon par le tribunal ?
Supercell soutenait que Sprout était avant tout un robot doté de nombreux éléments originaux comme ses bras mécaniques, ses roues ou encore son visage affiché sur une note adhésive.
Le tribunal n'a toutefois pas retenu cet argument. Selon les juges, ces ajouts constituent des éléments créatifs propres au personnage mais ils ne masquent pas la reproduction des caractéristiques essentielles de l'œuvre originale. Le jugement considère même que Sprout peut être vu comme une œuvre composite construite à partir du design Andrea sans l'accord préalable de son auteur.
Les croquis internes de développement ont également pesé dans la balance. Le tribunal relève que les premières versions du personnage étaient très différentes avant d'évoluer vers une apparence beaucoup plus proche du purificateur d'air.
Plus de 330 000 euros accordés et un retrait exigé en France
Contrairement à ce qui circule sur certains réseaux sociaux, la justice n'a pas accordé 500 000 dollars au créateur.
À ce stade, le tribunal a condamné Supercell à verser :
- 250 000 euros à titre de provision pour l'atteinte aux droits patrimoniaux
- 80 000 euros pour l'atteinte aux droits moraux
- 40 000 euros au titre des frais de procédure
Soit un total immédiat de 370 000 euros, même si le dossier pourrait encore évoluer avec les documents financiers complémentaires réclamés par le tribunal.
Les juges ont également ordonné le retrait de Sprout dans ses versions Par défaut et Mutant des versions françaises de Brawl Stars ainsi que de certains supports promotionnels accessibles en France.
Une décision qui pourrait marquer l'industrie du jeu vidéo
Cette affaire est particulièrement rare dans l'univers du jeu vidéo. Elle rappelle que même un objet de design industriel peut bénéficier d'une protection forte lorsqu'il présente une originalité reconnue par les tribunaux.
Pour les joueurs de Brawl Stars, l'impact concret reste encore à déterminer. Supercell peut chercher une solution amiable, modifier davantage le personnage ou engager de nouvelles démarches judiciaires. Le jugement invite d'ailleurs les deux parties à rencontrer un médiateur afin de trouver un accord sur l'avenir de Sprout.
Quel avenir pour Sprout dans Brawl Stars ?
L'histoire ressemble presque à un scénario improbable. Un purificateur d'air lancé en 2009 se retrouve au cœur d'un conflit avec l'un des personnages les plus connus de Brawl Stars plus de quinze ans plus tard.
Mais derrière les réactions amusées de nombreux joueurs, la décision rappelle surtout qu'un design peut rester protégé longtemps après sa création. Pour Supercell, la question n'est désormais plus de savoir si les ressemblances existent, mais comment conserver Sprout dans l'écosystème de Brawl Stars sans reproduire les éléments jugés litigieux par la justice française.

