Les abonnements Canal+ pourraient coûter plus cher en 2027. Selon Les Échos, Bercy souhaite supprimer le taux réduit de TVA applicable à la télévision linéaire pour le porter de 10 % à 20 %. Une évolution qui pousserait le groupe à revoir ses tarifs, mais aussi à envisager des licenciements et une réduction de ses investissements dans le cinéma français.

Les abonnements Canal+ exposés à une hausse de près de 3 euros

Le projet fiscal pourrait directement toucher le budget des abonnés. D’après les informations des Échos, une offre Canal+ facturée 29 euros pourrait augmenter d’un peu moins de 3 euros si la hausse de TVA était répercutée sur son prix. Cette perspective dépend toutefois de l’entrée en vigueur de la mesure envisagée pour 2027.

Le quotidien rapporte que Bercy souhaite supprimer le taux réduit de 10 % dont bénéficient les services de télévision linéaire. Une part importante de l’activité de Canal+ relève de ce régime, notamment grâce aux compétitions sportives diffusées en direct et aux programmes accessibles en rattrapage sur une courte période. Les services de vidéo à la demande sont, eux, soumis au taux normal de 20 %.

Pour justifier cette harmonisation, le ministère des Finances explique aux Échos que la frontière entre télévision linéaire et contenus à la demande devient difficile à établir. Il défend une simplification des règles fiscales.

Canal +
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Canal+ envisagerait des licenciements face à un coût de 200 millions d’euros

Augmenter les prix ne permettrait pas au groupe d’absorber immédiatement toute la charge supplémentaire, mais la majorité des abonnés sont engagés sur un ou deux ans, avec des tarifs qui ne pourraient pas évoluer pendant cette période.

Le manque à gagner atteindrait ainsi 200 millions d’euros sur une année complète, avant même de prendre en compte les éventuelles résiliations provoquées par des abonnements plus chers. Un montant important pour Canal+, dont le chiffre d’affaires en France s’établit autour de 2 milliards d’euros et qui a récemment atteint la rentabilité sur ce marché.

Dans ce contexte, le groupe étudierait un plan de licenciements qui pourrait être massif si la mesure fiscale entrait en vigueur en 2027. Il s’agit d’une piste rapportée par le quotidien, et non d’un plan annoncé.

Les investissements de Canal+ dans le cinéma français pourraient être suspendus

Le financement des films français constitue un autre point sensible du dossier. L’accord conclu en juillet prévoit 980 millions d’euros d’investissements sur cinq ans de la part de Canal+. Mais il comprend une clause permettant de suspendre ces engagements en cas de hausse de la TVA.

Le groupe pourrait donc utiliser cette disposition pour réduire ses investissements. Les conséquences du projet fiscal dépasseraient alors les seuls abonnés et salariés de Canal+, en touchant également le secteur du cinéma.

Cette perspective intervient après un compromis fiscal obtenu en septembre 2025. Canal+ avait alors clarifié ses offres afin de permettre aux nouveaux clients de renoncer à la partie vidéo à la demande, tout en conservant l’application du taux réduit sur une part substantielle de son activité. Après huit années de litige, le groupe avait finalement versé 363 millions d’euros, contre 655 millions initialement réclamés par le fisc.

Canal +
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Le budget 2027 remet le financement du cinéma dans la balance

La clause intégrée à l’accord avec le cinéma français donne à Canal+ un moyen de pression concret dans les discussions avec Bercy. Derrière l’objectif d’harmonisation fiscale se joue donc aussi le maintien d’engagements financiers sur plusieurs années. Le débat autour du budget 2027 pourrait peser autant sur le prix des abonnements que sur les moyens consacrés aux films français.

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