Alors que l'industrie s'interroge sur la place de l'intelligence artificielle, Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, a clarifié la stratégie de Rockstar Games pour son titre le plus attendu. L'IA générative n'occupe aucune place dans la création de GTA 6, le studio privilégiant une conception artisanale "bâtiment par bâtiment" pour garantir la qualité de son monde ouvert. Cette mise au point intervient dans un contexte de forte volatilité boursière liée aux annonces technologiques de Google.
Le choix de l'artisanat face à la génération procédurale
Dans un entretien accordé à GamesIndustry.biz, Strauss Zelnick a tenu à marquer une frontière nette entre les outils de productivité et la création pure. Si Take-Two utilise l'intelligence artificielle et le machine learning depuis des années pour optimiser ses processus internes, le développement de GTA 6 reste une exception notable en termes de philosophie créative.
Selon le PDG, la valeur ajoutée de Rockstar Games réside précisément dans le fait que ses mondes sont "faits à la main" et non issus d'algorithmes de génération procédurale.
Zelnick affirme que les environnements du prochain opus sont bâtis de toutes pièces, rue après rue et quartier après quartier. Pour l'éditeur, l'IA générative ne possède par définition aucune créativité car elle est uniquement pilotée par des données préexistantes.
Cette approche artisanale est ce qui doit, selon lui, différencier les grandes productions de divertissement des contenus générés automatiquement qui inquiètent actuellement les investisseurs.

Un contexte boursier tendu par Google Project Genie
Cette prise de parole n'est pas fortuite. L'action de Take-Two a récemment connu une baisse significative, atteignant son niveau le plus bas depuis 11 mois. Ce recul fait suite à la présentation de Project Genie par Google, un outil expérimental capable de générer des mondes jouables via une simple IA. Cette annonce a fait souffler un vent de panique sur les marchés, les investisseurs craignant que ces outils ne viennent concurrencer les modèles de production traditionnels des géants du jeu vidéo.
Malgré ces remous, les résultats financiers du troisième trimestre de Take-Two affichent une santé solide. L'entreprise a enregistré des réservations nettes de 1,76 milliard de dollars et un chiffre d'affaires GAAP de 1,70 milliard de dollars, dépassant les attentes de Wall Street. Cette performance a été portée par plusieurs piliers du groupe :
- Zynga : La division mobile continue d'être un moteur de revenus majeur.
- NBA 2K : Les revenus issus des consommateurs ont bondi de 30 %.
- GTA Online : Malgré son âge, le mode en ligne affiche une croissance de 27 %.

Le calendrier de GTA 6 et l'optimisation des coûts
Rappelons que le développement de GTA 6 a connu un historique mouvementé. Lors du dernier bilan financier en octobre 2025, le jeu avait été repoussé pour la seconde fois, fixant désormais sa sortie au 19 novembre 2026. Strauss Zelnick a réitéré sa confiance quant au respect de cette date, tout en précisant que si l'IA générative est exclue du processus créatif de Rockstar, elle reste utilisée ailleurs dans le groupe.
Take-Two mène actuellement des centaines de projets pilotes utilisant l'IA pour améliorer l'efficacité en termes de temps et de coûts de production. L'idée est d'automatiser les tâches ingrates pour permettre aux développeurs de se concentrer sur l'aspect ludique.
Cependant, pour le fleuron de l'entreprise, l'objectif reste de proposer une expérience organique que seul un travail humain minutieux peut offrir. En stabilisant ses prévisions pour l'exercice fiscal se terminant le 31 mars, Take-Two parie sur la pérennité de son modèle face à la disruption technologique.
Notre avis sur l’IA et GTA 6
Pour le coup, on est complètement d’accord avec la vision de Rockstar Games : le jeu doit rester une création réalisée par des développeurs et des artistes de renom, qui font le succès de GTA.
Si un tel jeu utilisait l’IA générative, qu’adviendrait-il de son identité et de son talent artistique, prônés depuis des années ? Par exemple, le projet Genie de Google n’a clairement pas de quoi faire peur aux studios, car le choix des joueurs est vite fait : l’IA, c’est bien, mais ça a ses limites !