L’horreur coopérative a décidément trouvé une recette particulièrement efficace ces dernières années : prenez quelques amis, enfermez-les dans un environnement hostile, donnez-leur un objectif suffisamment simple pour les pousser à prendre des risques, puis laissez les monstres et la physique faire le reste. Avec Last Pirates: Die Together, RetroStyle Games ajoute une nouvelle variante à cette formule, en remplaçant les survivants désespérés par… des pirates aux bras élastiques et aux proportions franchement douteuses.
Sorti en accès anticipé sur Steam le 18 août 2026, Last Pirates: Die Together est un jeu d’horreur coopératif (jusqu’à quatre joueurs). Le titre mélange exploration, extraction, physique ragdoll et humour cartoonesque dans des environnements maudits où le moindre déplacement peut rapidement tourner à la catastrophe. Une formule qui rappelle évidemment Content Warning ou Dreadway, mais avec une identité visuelle et une mécanique centrale qui lui sont propres.
Des pirates maudits à la recherche d’un trésor
Dans Last Pirates: Die Together, les joueurs incarnent un équipage de pirates frappés par une malédiction. Pour espérer s’en débarrasser, il faut explorer différents lieux pirates maudits et récupérer suffisamment de trésors volés pour satisfaire leur capitaine. Le principe est donc assez simple : entrer dans une zone dangereuse, fouiller les lieux, mettre la main sur les objets de valeur et parvenir à ressortir vivant avec le butin.
Évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu. Les environnements sont hantés et abritent différents monstres capables de transformer une banale séance de cambriolage en véritable course-poursuite. La particularité vient surtout du fait que les joueurs ne disposent pas forcément des moyens nécessaires pour affronter directement les menaces. Il faut donc observer, communiquer et surtout savoir quand prendre ses jambes à son cou.
Le scénario reste avant tout un prétexte pour justifier cette succession d’expéditions. Comme dans beaucoup de jeux d’horreur coopératifs modernes, ce sont surtout les situations générées pendant les parties qui deviennent les véritables histoires. Une porte ouverte au mauvais moment, un équipier qui se fait repérer ou une fuite qui tourne au désastre peuvent rapidement devenir les meilleurs souvenirs d’une partie.

Des bras élastiques pour semer le chaos
La véritable originalité de Last Pirates: Die Together se trouve dans les bras des pirates. Ceux-ci sont particulièrement longs et élastiques, permettant d’interagir avec le décor d’une manière assez inhabituelle. Attraper un objet à distance, récupérer un trésor dans une pièce voisine, tirer un camarade hors de danger ou encore se balancer au-dessus d'un obstacle : les possibilités offertes par cette mécanique sont nombreuses.
Et forcément, dès qu’une physique ragdoll entre dans l’équation, les bonnes intentions ne durent jamais très longtemps. Ce qui devait être une manœuvre parfaitement maîtrisée peut rapidement se transformer en pirate projeté contre un mur, en équipier qui tombe au mauvais endroit ou en objet lancé accidentellement à travers une pièce.
C’est justement là que le jeu trouve son équilibre entre horreur et comédie. Les personnages ont un physique volontairement absurde, leurs animations accentuent les situations grotesques et les réactions physiques peuvent provoquer des scènes totalement imprévisibles. L’objectif n’est donc pas uniquement de faire peur : il s’agit aussi de créer ces moments de chaos que l’on finit par raconter après la partie.

Quatre joueurs, un objectif commun… et beaucoup de problèmes
Le jeu est conçu pour fonctionner de manière optimale avec quatre pirates en coop, bien qu'on puisse également joué en solo (mais c'est moins fun). Cependant, c’est clairement dans le travail d’équipe que le concept prend tout son sens. Pendant qu’un joueur fouille un coffre ou tente de récupérer un objet avec ses bras élastiques, un autre peut surveiller les alentours et prévenir l’arrivée d’une créature.
Cette répartition des rôles est particulièrement intéressante parce que le jeu ne transforme pas nécessairement les monstres en simples ennemis à éliminer. Une partie de la tension vient justement du fait qu’il faut continuer à accomplir son objectif alors qu’une menace peut se trouver à quelques mètres.
Et avec une physique aussi imprévisible, la coopération peut rapidement devenir du grand n’importe quoi. Tirer un ami pour le sauver peut fonctionner… ou l’envoyer directement vers le danger. Récupérer un trésor à distance peut éviter de traverser une pièce… ou attirer l’attention au pire moment. Le système d’interaction devient alors une source permanente de situations émergentes.

Un monde pirate qui ne se prend jamais au sérieux
Visuellement, difficile de prendre Last Pirates: Die Together pour un survival horror traditionnel. Les personnages ressemblent davantage à haricots ou des tic-tacs qu’à de véritables flibustiers, tandis que les animations et la physique renforcent constamment cette impression de cartoon.
Le contraste avec les environnements et les créatures horrifiques est volontaire. Le jeu peut ainsi passer d’une situation réellement inquiétante à une scène complètement ridicule en quelques secondes. En effet, RetroStyle Games présente son projet comme une expérience pensée autour du rire, du chaos et des moments imprévisibles entre amis, et explique que l’accès anticipé doit permettre d’ajuster notamment les interactions physiques, les ennemis, la difficulté et la rejouabilité en fonction des retours des joueurs.

Une formule pensée pour les parties entre amis
Last Pirates: Die Together ne cherche donc pas forcément à réinventer le jeu d’horreur coopératif. Sa proposition est plutôt de prendre une formule désormais bien connue et d’y ajouter une bonne dose de physique absurde, des pirates maudits et surtout ces fameux bras élastiques qui peuvent transformer chaque expédition en véritable spectacle.
Avec ses expéditions, son système de récupération de trésors, ses créatures et son principe de retour avec le butin, le titre de RetroStyle Games s’inscrit naturellement aux côtés de Content Warning et Dreadway. Mais là où certains jeux misent davantage sur l’ambiance ou la gestion des ressources, Last Pirates: Die Together compte beaucoup sur le chaos créé par les joueurs eux-mêmes.
Et c’est probablement là que réside tout son intérêt : partir avec un plan parfaitement organisé, pour finalement finir trois minutes plus tard à courir dans un couloir avec un camarade accroché à son bras élastique pendant qu’un monstre vous poursuit. Dans ce genre de jeu, ce ne sont pas forcément les développeurs qui écrivent les meilleures histoires. Ce sont les quatre idiots qui viennent de lancer la partie.