Ce test a été réalisé à l'aide d'une clé offerte par l'éditeur
Treize ans après la sortie du meilleur de jeu de pirate jamais développé, Ubisoft remet le cap sur les Caraïbes avec Assassin's Creed Black Flag Resynced, disponible depuis le 9 juillet 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S. Développé par Ubisoft Singapore, ce remake était attendu de pied ferme par une grande partie de la communauté. L'objectif est simple : moderniser un classique sans lui faire perdre son identité. Après plusieurs dizaines d'heures à naviguer sur les mers des Caraïbes, le pari est globalement réussi, même si tout n'est pas parfait.
Un remake qui prend des libertés
Contrairement à ce que certains pouvaient craindre, Black Flag Resynced n'est pas un remake plan par plan de l'épisode de 2013. Ubisoft est resté fidèle à la trame principale tout en apportant suffisamment de nouveautés pour donner envie aux anciens joueurs de repartir à l'aventure.
Le plus gros ajout est sans doute A World Without Gold, un nouvel arc narratif composé de huit missions. Sans entrer dans les spoilers, cette conclusion étendue permet de prolonger le voyage d'Edward Kenway avec une histoire qui s'intègre plutôt bien au scénario original. On retrouve également plusieurs nouvelles quêtes secondaires autour du trésor de Barbe Noire, ou encore de Stede Bonnet.

Ubisoft a également revu certains contrats secondaires. Désormais, se faire repérer ne signifie plus automatiquement l'échec de la mission, un changement simple mais franchement appréciable. Cela évite de recommencer une mission entière pour une erreur de quelques secondes et rend les objectifs beaucoup moins frustrants.
L'autre gros changement concerne les séquences dans le présent. Les passages à la première personne chez Abstergo disparaissent complètement.
À la place, le remake propose des failles "What If ?" optionnelles et plusieurs séquences davantage centrées sur les doutes d'Edward. L'aventure ne casse plus son rythme toutes les deux heures et reste concentrée sur ce qui faisait déjà la force de Black Flag : son univers de pirates. Un choix qui, néamoins, divisera les puristes de la franchise.

Les Caraïbes n'ont jamais été aussi belles
Treize ans séparent l'original de ce remake, et cela se voit immédiatement avec le moteur Anvil utilisé sur les opus récents. Les îles profitent d'une végétation beaucoup plus dense, les villages gagnent en détails, tandis que les jeux de lumière donnent une toute nouvelle ambiance à certaines régions. Les couchers de soleil sont superbes, les jungles paraissent plus vivantes et les villes bénéficient d'une gestion des ombres bien plus convaincante.
Mais le véritable coup de coeur du jeu reste la mer. Chaque sortie en bateau est un spectacle. Les vagues donnent une véritable sensation de puissance au Jackdaw, surtout lorsque la météo commence à se dégrader. Les tempêtes sont impressionnantes sans devenir frustrantes et les affrontements navals gagnent énormément en intensité grâce à cette nouvelle physique de l'eau.

Difficile de ne pas penser à Skull and Bones. Ubisoft réussit ici ce que beaucoup attendaient justement de ce dernier : une navigation spectaculaire qui ne sert pas uniquement de prétexte à des combats, mais participe pleinement à l'immersion. Chaque traversée donne envie d'explorer l'île suivante, de partir à la chasse d'un navire marchand ou simplement d'écouter les chants de l'équipage pendant plusieurs minutes.
Les personnages profitent eux aussi d'une belle évolution. Les animations faciales sont largement plus naturelles qu'en 2013 et rendent les nombreuses cinématiques plus crédibles.
Edward reste toujours aussi charismatique, tandis que des personnages comme Barbe Noire ou Anne Bonny gagnent encore en présence grâce à cette refonte visuelle. Sans être une claque visuelle, Black Flag Resynced est exactement ce que l'on attend d'un remake moderne.

Un gameplay modernisé... mais encore très Ubisoft
Si les graphismes sautent immédiatement aux yeux, les changements de gameplay se découvrent progressivement.
Ubisoft s'est clairement inspiré de Mirage et Shadows pour moderniser certaines mécaniques. Les combats sont plus dynamiques et surtout beaucoup plus nerveux qu'en 2013. Edward dispose désormais de plusieurs capacités qui viennent casser la monotonie des affrontements.
Le Rope Dart (la corde avec un harpon) est probablement l'ajout le plus intéressant. Il permet d'attirer rapidement un ennemi ou de créer de nouvelles opportunités pendant les combats.
À cela s'ajoutent le tir rapide au pistolet, qui permet de stopper la course d'un adversaire, ainsi qu'un croche-pied capable de mettre un ennemi au sol avant de l'achever avec la lame d'Assassin. Individuellement, ces nouveautés ne révolutionnent pas le gameplay, mais elles rendent les affrontements beaucoup plus variés.

Les amateurs de duel apprécieront également les nouvelles animations d'exécution, plus nombreuses et plus brutales, une marque de fabrique depuis Assassin's Creed Valhalla. Les combats gagnent en fluidité et offrent davantage de possibilités qu'auparavant.
L'infiltration bénéficie elle aussi de quelques améliorations héritées des épisodes récents. Les déplacements sont plus souples, certaines éliminations sont plus naturelles et les outils d'observation facilitent l'approche d'un camp ennemi. Malheureusement, tout n'a pas été corrigé.
Le stealth reste parfois assez rigide. Les ennemis continuent d'avoir des réactions étranges, et plusieurs situations donnent l'impression que l'IA hésite entre vous repérer immédiatement ou vous ignorer complètement.

À cela s'ajoutent plusieurs bugs rencontrés durant notre partie. Rien de bloquant dans l'ensemble, mais il n'est pas rare de voir un PNJ traverser un décor, une animation se figer quelques secondes ou Edward faire du moonwalk en l'air. Des défauts malheureusement assez classiques pour un lancement Ubisoft.
Le principal reproche reste cependant le même qu'il y a treize ans : la répétitivité. Même avec toutes les nouveautés apportées par le remake, certaines missions secondaires finissent par se ressembler et la formule Ubisoft montre encore quelques signes de fatigue après plusieurs dizaines d'heures.