L'arrêt définitif de Prince of Persia : Les Sables du Temps Remake n'est que la face visible d'un séisme interne chez Ubisoft. L'éditeur français engage une transformation radicale, marquée par l'annulation de 6 jeux, la fermeture de 2 studios et une réorganisation totale de ses équipes de production pour tenter de retrouver son leadership créatif.

 

6 jeux annulés et 7 reports : Le grand ménage d'Ubisoft

La décision d'arrêter le développement de Prince of Persia Remake s'inscrit dans une purge massive visant à relever les standards de production. Au total, 6 projets ont été supprimés, incluant 3 nouvelles licences et un titre mobile, car ils ne répondaient pas aux nouvelles exigences de qualité du groupe.

Parallèlement, 7 autres jeux voient leur date de sortie repoussée pour les mêmes raisons techniques. Cette stratégie s'accompagne d'un plan d'économie drastique Ubisoft annonce vouloir réduire ses coûts de 200 millions d'euros sur les deux prochaines années et envisage la vente d'actifs non stratégiques.

 

image du jeu Prince of Persia Remake

 

Création de 5 Entités Créatives pour piloter les licences

Pour mettre fin à l'éparpillement, l'éditeur segmente désormais son catalogue en 5 pôles distincts, appelés Creative Houses, responsables de leurs finances et de l'édition de bout en bout et sera effectif dès avril prochain :

  • Vantage Studio : Pilote les piliers Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six.
  • Pôle Shooter : Regroupe The Division, Ghost Recon et le retour de Splinter Cell.
  • Pôle Live Experiences : Gère Skull and Bones, For Honor, Riders Republic et Brawlhalla.
  • Pôle Mondes Fantastiques : Supervise les univers narratifs comme Anno, Rayman, Prince of Persia et Beyond Good & Evil.
  • Pôle Casual : Dédié aux jeux familiaux tels que Just Dance et Uno.

 

Image de Ubisoft investisseur
Image de Ubisoft investisseur

 

Ubisoft prend le taureau par les cornes pour redevenir rentable

Cette restructuration massive témoigne d'une volonté de rupture avec le modèle Open World générique souvent reproché à l'éditeur ces dernières années. En sacrifiant Prince of Persia Remake, Ubisoft admet à demi-mot l'échec d'une gestion de projet trop fragmentée entre plusieurs studios mondiaux Ubisoft Pune et Montréal.

L'annonce du retour au bureau 5 jours par semaine pour les employés souligne également une volonté de reprendre un contrôle managérial strict pour accélérer les cycles de production, au risque de créer des tensions internes fortes. 

 

image du jeu Prince of Persia Remake

 

Pourquoi Ubisoft doit se reprendre en main ?

À mon sens, je pense qu'il est sain pour Ubisoft de tenter de remettre de l’ordre dans une organisation qui s’est révélée chaotique et toxique ces dernières années. Évidemment, une décision d’une telle ampleur est difficile à assumer et peut donner une image négative auprès des joueurs.

Toutefois si les standards de qualité ne sont pas atteints à l’approche d’une éventuelle date de sortie, persister n’a guère de sens. Mieux vaut couper court et réallouer les ressources financières à des projets plus solides, avoir plus d'innovation et à l’impact bien plus significatif.

Laissons le temps nous dire si cette décision sera bénéfique pour l’entreprise, afin qu’elle retrouve les sommets qu’elle connaissait à l’époque de sa gloire d’antan.

 

Source : Communiqué de presse investissseur