Développé par le studio SODECO et sorti officiellement sur Steam le 30 janvier 2026, The 9th Charnel est un jeu de survie-horreur psychologique qui s’inscrit dans la lignée des expériences horrifiques modernes à la première personne. Le test a été réalisé sur PC, au clavier et à la souris.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous tenons à remercier les développeurs pour nous avoir offert une clé du jeu en avant-première. Avec un prix fixé à 17,99 € sur Steam, The 9th Charnel promet une expérience courte mais intense, pensée pour marquer le joueur en quelques heures plutôt que de s’étirer artificiellement. Reste à voir si le jeu d’horreur de SODECO parvient à maintenir la tension jusqu’au bout.
Un jeu d’horreur à l’univers dérangeant
The 9th Charnel nous plonge dans un univers sombre, poisseux et volontairement cryptique. Vous incarnez un personnage pris au piège d’un environnement cauchemardesque, où la frontière entre réalité et hallucination se dissout progressivement. Le but est simple sur le papier : survivre, comprendre ce qui se passe, et surtout découvrir ce que cache ce fameux “9th Charnel”.
La trame principale intrigue, dérange et pousse à avancer, avec une ambiance lourde et malsaine qui colle parfaitement au propos. On sent l’inspiration de grands noms du jeu d’horreur psychologique comme Outlast II, sans que The 9th Charnel ne cherche à copier ou à se mesurer à des productions au budget bien supérieur.
En revanche, le rythme narratif est parfois mis à mal par des cinématiques qui surgissent de manière assez aléatoires. Elles coupent l’action sans toujours prévenir, cassant ponctuellement l’immersion. Le fond est solide, mais la forme aurait gagné à être mieux intégrée au gameplay.

Prise en main
Dès les premières minutes, The 9th Charnel nous jette dans le bain sans tutoriel pesant. Les contrôles sont simples, intuitifs, et l’on comprend rapidement comment interagir avec l’environnement. Pas de combinaisons complexes ou des combos de QTE absurdes (avant la fin du moins), ici tout se fait naturellement.
Les interactions reposent principalement sur l’exploration et la résolution d’énigmes. Ces dernières ne sont jamais chronométrées, ce qui permet au joueur de réfléchir à son rythme, même lorsque la tension est à son comble. Un bon choix pour un jeu d’horreur qui mise davantage sur l’atmosphère que sur la précipitation. Cette simplicité fonctionne clairement en faveur du jeu. Elle permet de se concentrer sur l’essentiel : l’ambiance, la peur et la narration environnementale.

Graphismes : Entre bonnes idées et manque de constance
Visuellement, The 9th Charnel oscille entre le correct et le clairement perfectible. Les environnements sont globalement simples, mais souvent efficaces dans leur manière de poser une ambiance oppressante. Certains décors fonctionnent très bien, surtout lorsqu’ils jouent sur la lumière et le hors-champ.
Les animations, en revanche, restent assez sommaires. Les objets à récupérer manquent parfois de détails, et l’ensemble accuse le coup face à d’autres jeux d’horreur indépendants sortis récemment. Les cinématiques sont sans doute l’aspect le plus fragile du jeu : mal intégrées, avec des personnages qui se ressemblent énormément et des animations faciales franchement ratées.
Mention spéciale toutefois aux environnements extérieurs, bien plus travaillés que les intérieurs… du moins jusqu’à un certain point. Plus on approche de la fin, plus on a la sensation d’un contenu précipité, avec des zones moins inspirées et des énigmes plus basiques. The 9th Charnel alterne alors entre des passages presque vides et des scènes réellement choquantes, comme celle des toilettes dans le vieux bâtiment, rappelant que le studio sait créer de l’impact, mais peine à maintenir une constance sur toute la durée.

Gameplay : un jeu d’horreur efficace… jusqu’à ce qu’il ne le soit plus
Manette en main, The 9th Charnel réussit d’abord là où beaucoup échouent : instaurer un vrai sentiment de peur. Les premières heures sont excellentes, avec une ambiance lugubre, une gestion des ressources bien pensée et une vulnérabilité permanente du joueur. Commencer sans arme est une excellente idée, forçant à adopter un gameplay plus patient, basé sur la fuite et la discrétion.
L’arrivée des armes change cependant radicalement la dynamique. Si elles apportent un sentiment de sécurité bienvenu, les munitions sont beaucoup trop abondantes. Très vite, le jeu d’horreur bascule vers quelque chose de plus proche d’un FPS, faisant perdre une grande partie de la tension initiale.
Les monstres, eux, sont variés et visuellement réussis, mais leur intelligence artificielle laisse à désirer. Les patrouilles sont lentes, les erreurs rarement sanctionnées, et le joueur dispose souvent de trop de temps pour accomplir ses objectifs. Dommage, car les puzzles, bien que simples, restent variés et intéressants, surtout lorsqu’ils doivent être résolus dans un environnement hostile.

Un potentiel encore à exploiter
Avec une durée de vie de moins de trois heures, cinématiques comprises, The 9th Charnel se montre très court pour son prix. Si l’expérience reste marquante, elle laisse un goût d’inachevé, notamment à cause d’un final qui manque clairement de tranchant.
Les axes d’amélioration sont évidents : des cinématiques mieux intégrées, des animations faciales retravaillées, et surtout un meilleur équilibrage du gameplay une fois les armes débloquées. Le jeu pose de bonnes bases, mais ne va pas assez loin dans leur exploitation. On espère sincèrement que SODECO continuera à soutenir The 9th Charnel via des DLC, des contenus annexes ou même une sorte de “side quest” narrative. L’univers s’y prête, et il serait dommage de ne pas capitaliser sur ce qui fonctionne déjà.