Développé par le studio TacoEaters et sorti officiellement sur Steam le 30 janvier 2026, Fear The Timeloop est un jeu de survie horreur à la troisième personne qui mise tout sur la pression du temps et une ambiance pesante. Proposé au prix de 13,99 € sur Steam, le titre s’inscrit clairement dans la lignée des expériences horrifiques indé qui cherchent à marquer les esprits sans disposer de moyens AAA.
Avant de commencer le test, nous tenons à remercier les développeurs pour nous avoir offert une clé du jeu en avant-première. Le test a été réalisé sur PC, au clavier-souris.
Histoire, contexte et graphismes
Une boucle temporelle à huit-clos
Le cœur de Fear The Timeloop repose sur une idée simple mais redoutablement efficace : survivre dans une boucle temporelle de quinze minutes, piégé dans un hôpital aussi hostile que mystérieux. Vous incarnez un shérif projeté dans un lieu clos où chaque tentative vous rapproche un peu plus de la vérité… ou de la mort. À chaque boucle, le joueur apprend de ses erreurs pour progesser.
L’inspiration est assumée, notamment du côté de Resident Evil 2 et Resident Evil 4, deux références chères au développeur. Attention cependant, Fear The Timeloop ne cherche jamais à les copier point par point. On parle ici d’un jeu indépendant, avec une durée de vie aux alentours des 6 heures pour les complétionnistes et doté d’un budget bien plus modeste.
La trame principale fonctionne bien et donne envie d’aller toujours plus loin pour comprendre ce qui se cache derrière cette boucle infernale. Et il faut dire que l’ambiance est remarquablement immersive. Une fois la partie lancée, il est difficile de poser la manette ou le clavier. L’envie d’explorer, de progresser et de découvrir la vérité derrière cet hôpital maudit est omniprésente, et c’est sans doute l’une des plus grandes réussites du jeu.

Prise en main : simple et intuitive
Fear The Timeloop opte pour une prise en main très accessible. Le premier chapitre fait office de tutoriel déguisé, laissant largement le temps d’assimiler les bases : déplacements, interactions, et combats à la matraque. Les sensations sont classiques, mais efficaces, et les joueurs habitués aux jeux vidéo s’y retrouveront instantanément.
Les menus, l’inventaire et les coffres de stockage sont clairs et agréables à utiliser. La gestion des objets, bien que l’inventaire soit limité au début de l’aventure, ne devient jamais un fardeau, ce qui est essentiel dans un jeu de survie horreur où chaque seconde compte. L’interface utilisateur est sobre mais lisible, et contribue à la fluidité globale de l’expérience.
Seul petit accroc côté ergonomie : l’absence de configuration par défaut pour les claviers AZERTY. Il faudra donc passer par un remappage manuel des touches. Rien de dramatique, mais un détail qui aurait pu être anticipé pour un confort optimal dès le lancement.

Un environnement à donner la chair de poule
Visuellement, Fear The Timeloop surprend très positivement. Comparé à d’autres jeux indés du même segment, comme The 9th Charnel que nous avons testé récemment et vendu à un prix similaire, le titre de TacoEaters se situe clairement un cran au-dessus en termes de rendu et de performances.
L’hôpital dans lequel se déroule l’aventure est sale, oppressant et profondément lugubre. Chaque couloir donne l’impression d’être observé, renforçant cette sensation d’isolement total. Les textures sont réussies, les modèles d’ennemis simples mais efficaces, et le manque volontaire d’éclairage joue énormément en faveur de l’ambiance.
Les visages ne bénéficient pas de gros plans détaillés, ce qui évite d’avoir à masquer des faiblesses techniques. Le modèle du personnage principal est d’ailleurs l’un des plus réussis du jeu. La gestion des ombres aurait pu être plus poussée, mais l’obscurité ambiante rend cette absence peu gênante. Chaque zone semble unique, évitant l’impression désagréable de tourner en rond, malgré la nature même du timeloop.

Gameplay
Vous avez 15 minutes pour survivre
La mécanique centrale de Fear The Timeloop est cette fameuse boucle temporelle de quinze minutes. Chaque tentative oblige le joueur à faire des choix rapides et réfléchis, car le temps est une ressource aussi précieuse que la santé ou les munitions. Mourir ou laisser le temps s’écouler signifie recommencer, mais jamais totalement à zéro.
Le jeu introduit une vraie dimension stratégique à la survie. Certaines portes offrent des munitions, d’autres de la santé, et il faut constamment évaluer ses priorités. Le système pousse à apprendre de ses erreurs et à optimiser chaque parcours, renforçant la tension à chaque nouvelle boucle. La mécanique de boucle néanmoins reste assez anecdotique si le joueur gère bien ses ressources pour rester en vie au fil des chapitres.
Les armes apportent un sentiment de sécurité relatif, sans jamais rendre le joueur surpuissant. Les munitions sont rares, les dégâts modérés, et il est vivement conseillé de viser la tête pour économiser ses ressources. Cette fragilité permanente renforce l’aspect survival horror du jeu.

L’hôpital en guise de tombeau
La carte de Fear The Timeloop se concentre sur un hôpital réparti sur quatre niveaux : un rez-de-chaussée et trois étages. Chaque étage possède sa propre identité visuelle, entre sols effondrés, zones en feu et étranges lianes extraterrestres. L’ensemble s’assemble de manière cohérente pour former un lieu unique et crédible.
Les allers-retours sont fréquents et il est facile de se perdre, surtout lors des premières boucles. La découverte des cartes de chaque étage devient alors essentielle pour se repérer efficacement et planifier ses déplacements. Plus on progresse, plus les ennemis deviennent dangereux, obligeant à adapter constamment sa stratégie.
Le système de cartes de compétences, permettant de booster certaines statistiques, est une excellente idée. On peut en équiper trois simultanément, ce qui encourage différents styles de jeu. L’interface dédiée est claire et agréable, ajoutant une vraie profondeur au gameplay sans le surcharger.

Neuf chapitres mais pas que
L’histoire principale de Fear The Timeloop se déploie sur neuf chapitres, que l’on progresse en collectant des bandes audio et en résolvant diverses énigmes. Trouver des objets clés, ouvrir des coffres et comprendre l’environnement font partie intégrante de l’expérience.
Les affrontements contre les trois boss principaux marquent des temps forts du jeu, avec une mention spéciale pour l’homme grand au raincoat, véritable cauchemar ambulant. Ces rencontres renforcent la tension et donnent un vrai sentiment d’accomplissement.
Les quêtes annexes viennent enrichir l’aventure, qu’il s’agisse de la construction du pistolet, de la collecte de sucettes ou encore des vagues de zombies au deuxième étage. À cela s’ajoutent les fiches d’informations disséminées dans l’hôpital, qui approfondissent la narration et donnent plus de poids à l’univers.

Quelques aspects manquent de maîtrise
Malgré ses nombreuses qualités, Fear The Timeloop n’est pas exempt de défauts. Les combats peuvent se révéler assez approximatif et rigide, surtout face à plusieurs ennemis. Lorsqu’on encaisse un coup, la caméra peut partir brusquement dans une direction, laissant le joueur désorienté dans l’obscurité.
La gestion de la lampe torche n’aide pas toujours, car elle ne suit pas systématiquement les mouvements entre les pièces, ce qui complique la lisibilité des affrontements. Les combats restent globalement corrects, mais clairement perfectibles avec quelques ajustements. Autre point plus léger, mais notable : le voice-acting. Il est tellement mauvais qu’il en devient presque involontairement comique. Le personnage principal semble constamment en colère, au point de frôler la caricature, ce qui tranche parfois avec le ton général du jeu.

Un développeur à l’écoute
Il est important de souligner l’implication du développeur après la sortie du jeu. Plusieurs correctifs ont déjà été déployés en quelques semaines, preuve d’un réel suivi. Les retours des joueurs sont pris en compte, ce qui est toujours rassurant pour un titre indépendant.
Le développeur est également très présent sur Steam, notamment via une FAQ détaillée. Il n’hésite pas à aider les joueurs bloqués dans leur progression, tout en veillant à ne pas spoiler le reste du jeu. Une démarche appréciable qui inspire confiance pour l’avenir du jeu.